Interpolations et variantes, ^ XXXVII
Jehan Hébert, gênerai des finances du royaume de France*. Et, trois jours après, fut rendu au roy le chasteau dudit Pont de l'Arche 2.
Et, après que ladicte ville et chasteau orent ainsi esté rendus au roy, ceulx de Rouen envoierent pardevers lui pour parler d'appoinctement , lequel en charga hault et bas les ducs de Bourbon et de Bretaigne^. Et, pour ledit appoinctement avoir, vindrent de ladicte ville de Rouen aucuns commissaires ordonnez de par icelle pour lui faire plusieurs requestes et remonstrances , et entre autres que, quelque chose qu'ilz eussent fait, le roy voulsist estre content d'eulx et qu'il lui pleust declairer qu'ilz n'avoient point failly
1. Jean Hébert, Georges de Vouet et autres avaient reçu mission du duc de Normandie de se rendre auprès du roi pour le supplier de laisser le duché à son frère (Instruction originale datée de Rouen, 7 janvier. Bibl. nat., ms. lat. 54143, fol. 124. M. Quicherat l'a imprimée dans les Mélanges historiques, II, 410, mais d'après une copie de Dupuy).
2. Interpolations et variantes, § XXXVIII. — Après la prise du château, qui se rendit après un assez rude assaut, Louis XI se porta sur Rouen, et il se livra aux environs de cette ville plusieurs engagements, où les Normands perdirent du monde.
3. Interpolations et variantes, § XXXIX. — A Gaen, Louis XI avait fait proposer aux mandataires de son frère 60,000 livres et le comté de Roussillon, à condition qu'il fixât sa résidence dans cette province lointaine. Mais le duc de Normandie prétendait n'abandonner son duché que pour le Berry, le Poitou et la Saintonge, ou le Berry, la Champagne et le Vermandois. Plus tard, le roi consentit à s'en rapporter à la décision des ducs de Bretagne et de Bourbon pour fixer l'apanage de son frère, mais il réclama avant tout la reddition de Pont-de-l'Arche , promettant en ce cas une trêve de dix jours. Il exigeait aussi que Charles se retirât à Honfleur jusqu'au règlement du litige. Le duc de Normandie hésita, tergiversa et pendant ce temps Louis XI s'empara de Pont-de-l'Arche {Mélanges historiques, II, 409, 417, 423, 437).
ne fait chose contre lui dont il leur voulsist donner pardon, grâce ou remission, et que le roy de là en avant les afranchist en la manière qu'il avoit fait ceulx de sa ville de Paris, et plusieurs autres requestes firent au roy, qui leur rendi response que sur tout il y aroit son advis ^ .
Et, durant ces choses, plusieurs des gens du roy aloient et venoient en ladicte ville et les ungs avecques les autres. Et, cependant, mondit seigneur Charles, lui et plusieurs autres de sa compaignie, vindrent dehors de ladicte ville et s'en tirèrent à Honnefleu et à Gaen, où il fut depuis certaine espace de temps ~. — En ces entrefaictes, ledit Jehan Monseigneur de Lorraine s'en cuida eschapper pour aler en Flandres, mais il fut rencontré par les gens du roy, qui le prindrent et menèrent vers le roy. Et donna le roy la pluspart des offices de ladicte duchié et y fist tous nouveaulx officiers. Et, après ledit parlement dudit mons. Charles de ladicte ville de Rouen ^, elle fut remise et reduicte au roy*. Et, ce fait, le roy renvoya tous ses frans archers et leur donna congié
1. Interpolations et variantes, § XL. — Si on en croit Maupoint, le comte d'Harcourt, le patriarche, le sire de Chaumont et son fils et Jean de Daillon, qui, avec le clergé et la haute bourgeoisie rouennaise, dirigeaient le parti hostile au roi, furent expulsés par un soulèvement des petits bourgeois et des gens de métiers. La comtesse de Maulevrier fut arrêtée au château, puis une députation fut envoyée à Pont-de-l'Arche avec les clefs de la ville et des forteresses. Le roi accueillit les Rouennais avec bonté (13 janvier) et les confirma dans leurs privilèges et libertés {Journal, p. 99. Cf. Mélanges historiques, II, 419).