Ces chiffres sont manifestement fort exagérés
3. Celte masse d'hommes, logée autour du Mans, ravagea la contrée à vingt lieues à la ronde, si bien que la pénurie des vivres et des fourrages finit par contraindre, non seulement le roi et son armée, mais nombre de gens du pays, à se transporter ailleurs (Basin, II, 185 et suiv.).
le pays de Bourgongne que tous nobles et autres gens suivans les armes feussent tous prestz à Montsaujon \ pour ilee prendre les gaiges et souldécs dudit seigneur de Charrolois par les mains de ses commissaires que pour ce il y avoit ordonnez, et ce dedens le xx^ jour de décembre lors prouchain ensuivant, et pour partir dudit Monsaujon et aler audit Saint-Quentin pardevers lui, pour l'acompaigner et lui aider à secourir son très cher et amé frère monseigneur Charles de France et le duc de Bretaigne estant avecques lui, à l'encontre d'aucuns leurs malvueillans ; et telle substance portoit ledit cry. Pour occasion duquel cry, les marchans et facteurs des marchans de Paris, qui estoient alez oudit pays de Bourgongne pour faire leurs emplettes, s'en retournèrent à Paris bien hastivement sans riens faire. Et, derechef, après toutes ces choses, ledit de Charrolois fist mander à lui venir toutes ses gens de guerre audit Saint-Quentin, au iiif jour de janvier ensuivant.
Et, le lundi, feste des Sains Innocens, xxviiP jour de décembre, vint et arriva à Paris monseigneur le duc de Bourbon de par le roy, pour mettre garnison en plusieurs villes et garder les Bourguignons d'entrer es pays du roy. Et vint et arriva avecques lui monseigneur le mareschal de Loheac, qui venoit à Paris, comme on disoit, pour estre lieutenant de ladicte ville. Lequel de Loheac s'en party deux jours après pour aler à Bouen et autres villes de Normandie, pour y mettre gardes et ordre de par le roy ; et ilec y demoura par certain temps. Et mondit seigneur de
1. Montsaugeon, auj. dép. de la Haute-Marne, arr. de Langres.
Bourbon depuis demoura à Paris par certain autre temps, pendant lequel fut festié de plusieurs notables gens de ladicte ville.
Endementiers * la ville d'Alençon, qui estoit tenue par les Bretons, comme dit est devant, fut rendue et mise es mains du roy par le conte du Perche, filz du duc d'Alençon, qui tenoit le chasteau dudit Alençon, et lesdiz Bretons tenoient la' ville. Mais, durant ce, le roy ne parti point de ladicte ville du Mans. Et, durant qu'il y fut, envoya devers mondit seigneur Charles, oudit pays de Bretaigne, le légat du pape, dont parlé est devant^, et Anthoine de Ghabannes, conte de Dampmartin, le trésorier de la Driesche et autres, pour cuider trouver aucun bon expédient^. Et enfin le roy se condescendi que les trois estas se tendroient et assembleroient ; et, pour ce faire, leur fut lieu assigné en la ville de Tours, pour ilec eulx y trouver au premier jour d'avril IIIP LXVII. Et s'en revint le roy dudit pays du Mans et ala aux Montiz lez Tours, à Amboise et ilec environ^. Et puis fut l'assemblée des-
1. C'est-à-dire ])endani ce temps (Godefroy, Dictionnaire de l'ancienne langue française). — Malmené par les Bretons, René, comte du Perche, entra en négociations avec le roi et s'entendit secrètement avec les bourgeois d'Alençon, qui se soulevèrent et chassèrent la garnison bretonne (2 janv. 1468).