‹ JournalChapitre 149 sur 178 · Bouchain, auj. dép. du Nord, arr. de Valenciennes · texte numérisé non relu

Bouchain, auj. dép. du Nord, arr. de Valenciennes

quelles, ensemble desdittes lettres missives, la teneur s'ensuit : « Mons. le grant maistre, j'ay despeché le gouverneur de Daulphiné pour s'en aller au Quesnoy. Je luy ay chargé vous dire aucunes choses, et pour ce vous prie que vous faictez ce qu'il vous dira et le croyez comme ma propre personne et sans difficulté ne dissimulation nulle. Et adieu. Escript à Cambray, le vm'^jour de juing. » Signé : « Loys. » Et au bas : « J. Mesme. » Et en la suscripcion : « A Mons. le grant maistre*. »

Item, s'ensuit la teneur des lettres patentes : « Loys, par la grasse de Dieu roy de France, à nostre amé et féal cousin le conte de Dampmartin, grant maistre d'ostel de France, salut et dilection. Nous voulons et vous mandons que les chastel et ville du Quesnoy le Conte, dont le présent avez la charge pour nous, que vous les baillés et mettez entre les mains de nostre amé et féal conseillier et chambellan le sire du Lude, gouverneur de Daulphiné, pour en faire et disposer ainsi que par nous luy a esté ou sera ordonné. Et en ce faisant, nous vous tiendrons quitte et deschargé de la garde que en avés eue de par nous, et vous en quittons et deschargeons par ces présentes, signées de nostre main"'.

« Donné à Cambray, le YUf jour de juing, l'an mil IIIP LXXVIII. » Signé : « Loys. » Et au bas : « Par le roy, le prothonotaire de Clugny, maistre Guillaume Picard, gênerai, et autres presens. Petit. »

Et au dos desdittes lettres patentes estoit escript : « Nous, Jehan Daillon, chevalier, seigneur du Lude, gouverneur du Daulphiné, certifions que par Mons. le grant maistre, par vertu de ces présentes lettres, nous a esté baillé en nostre main la ville et le chasteau du Quesnoy le Conte. En tesmoing de ce, nous avons signées ces présentes de

1. Nous ne connaissons pas d'autre texte manuscrit de cette lettre que celui fourni par le ms. Clairambault.

2. En négociant la trêve de sept jours, conclue le 10 juin 1478, le comte de Chimay obtint de Louis XI l'évacuation du Quesnoy que les Bourguignons réoccupèrent ainsi que Bouchain.

nostre main, le x^ jour de juing mil IIIP LXXVIII. J. Bâillon. »

CLXIII. — (Clair. 481, fol. 489, 1. 23. Chron. scand., ci-dessus, p. 74.) — Sur ce prinse. Et de là s'en retourna le roy à Saint-Quentin, et dudit lieu envoya unes lettres missives au grant maistre, desquelles la teneur s'ensuit :

« Mons. le grant maistre, vous retendrez avecques vous tant que vous vouldrez les deux cens lances qui vont à Tournay, et mille ou douze cens chevaulx ne sont pas pour vous courir sus veu la compaignie que vous avez, mais je vous prie qu'il n'y faille pas retourner une autre foiz faire le gast, car vous estes aussi bien officier de la couronne comme je suis, et si je suis roy vous estes grant maistre. Et adieu. Escript à monseigneur Saint-Quentin, le xxv^ jour de juing. » Signé : « Loys. » Et au dessoubz : « J. de Ghaumont. » Et au dos : « A Mons. le grant maistre'. »

GLXIV. — (Clair. 481, fol. 490, 1. 10. Chron. scand., p. 74.) — a Amtoise , lequel y servit le roy et le royaulme très vaillaument et saigement, de quoy il doit estre faicte mémoire perpétuelle. . .

GLXV. — (Clair. 481, fol. 490, 1. 31. Chron. scand., ci-dessus, p. 75.) — Biens saufz. Et fut laditte composition de Beaulne du tout à l'avantaige du roy.

CLXVI. — (Clair. 481, fol. 491, 1. 13. Chron. scand., ci-dessus, p. 76.) — Plain cours. Et fut cause ung des principaulx de faire ledit accord Mons. de Curton, gouverneur de Lymosin ; et envoya le roy audit Maximien par ledit gouverneur ung beau cheval qu'il avoit eu du duc de Guienne.

CLXVII. — (Clair. 481, fol. 492, 1. 18. Chron. scand., ci-dessus, p. 78.) — De Beaujeu, où estoient les evesques de Valence, frère du seneschal de Beaucaire, l'evesque de Laval, et Mons. l'abbé de Marmoustier, tous nepveux de Mons. le grant maistre^...

i. L'original de cette lettre est à la Bibl. nat., ms. fr. 2913,

fol. 60. Elle parait appartenir à l'année 1477 et non à l'année 1478.

2. Antoine de Balsac, évoque de Valence (1473-1491), était frère

GLXVIII. — (Clair. 481, fol. 495, 1. 3. Ghron. scand., ci-dessus, p. 81.) — A/^ras, dont avoit la charge Mons. du Lude, et en son absence le seigneur de Baudricourt , capitaine de cent lances pour le roy.

CLXIX. — (Clair. 481, fol. 496, 1. 28. Chron. scand., cidessus, p. 84. ) — Avec autres, c'est assavoir la compaigniede Mons. le grant maistre d'ostel de France, que on disoit avoir esté faict à la requeste Mons. du Lude ; dont toutesfois il ne perdit riens de son estât et pencion qu'il avoit du roy, qui montoit à xxv mil if livres tournois par an payez en ceste manière : c'est assavoir, pour l'office de grant maistre dix mil francs; pour l'ordre, un mil 1. t. ; quatre mil ducas, qui vallent viii mil 1. t., qu'il eut du roy sur Briançonnoys, qui estoient payez au jour de la Chandeleur ; et douze cens livres tournois pour sa compaignie. Et en oultre tint tousjours du roy Montivilher, Harfleu et Chasteau-Gaillard, qui luy valoient n mil livres tournois. Et ce en recongnoissance des bons et agréables services qu'il avoit faictz au roy Charles VIP et à luy. Et l'estimoit le roy ung homme très hardi et bon chevalier; et se quelques grans affaires luy feussent survenuz en son royaulme, en luy gisoit tout son affaire.

CLXX. — (Clair. 481, fol. 497, 1. 24. Chron. scand., ci-dessus, p. 85.) — Iiwposez. Et en ce temps le roy escripvit unes lettres missives audit grant maistre dont la teneur sensuit :

« Mons. le grant maistre, pour ce que je sçay la peine et service que avés tousjours portée tant envers feu mon père que moy, j'ay advisé pour vous soulager de ne vous faire plus homme de guerre, non obstant que j'entends bien que je n'ay homme en mon royaulme qui entende mieulx le faict de

de Ruffet, mort le 25 oct. 1473. Tous deux étaient fils de Jean, seigneur d'Entraigues, et de Jeanne de Ghabannes. — Il faut lire non pas l'évêque de Laval, mais l'évêque de Lavaur, Jean Yigier (1469-1497). — Gui III Vigier fut abbé de Marmoutier de 1458 à 1498 [Gall. christ., t. XIV).

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la guerre que vous et où gist plus ma fiance s'il me venoit quelque grant affaire ; et aussi l'ai ge dict à Pierre Cleret pour vous le dire. Et touchant vostre estât et pencion que avez de moy, je ne vous l'osteroje jamais, mais plustost la vouscrestroie ; et si n'oblieray jamais les grans services que m'avés faitz, pour quelque homme qui en veulle parler. Et adieu. Signé : « Loys. » Et au dessoubz : « [J.] Mesme*. »

Et de ceste volée furent deffaitz Mess""^ de Craon, Mauves et OrioUe, qui avoient chascun cent lances, et le seneschal d'Agenetz qui en avoit autant ^, et la compaigniede Robinet du Quesnoy et d'autres capitaines cassés jusques à ung grant nombre. Et devez sçavoir que ledit grant maistre eut regrect merveilleux de perdre ses gens d'armes, et non sans cause, pour ce que tousjours il avoit bien mérité envers le roy de les avoir, non obstant qu'il ne perdit jamais riens des xxu mil francs d'estat qu'il avoit du roy, comme dessus est dict.

Et, incontinant que ledit grant maistre fut adverti que le roy luy avoit osté sa charge et compaignie, il luy envoya unes lettres missives faisans responce à celles que le roy luy avoit envoyées, desquelles la teneur s'ensuit :

1. Cette lettre et la réponse d'Antoine de Ghabannes ont été transcrites par Legrand avec les dates respectives de Tours (lisez Tliouars), i"^ nov., et de Saint-Maurice, 12 nov. (1479) (Bibl. nat., ms. fr. 6987). Le comte de Dammartin avait alors environ soixante-dix ans.

2. En 1477, Oriole et le seigneur de Mauves ravageaient avec la garnison française de Chimay les environs de Beaumont. Un corps bourguignon les surprit à Froide-Chapelle, leur arracha leur butin, tua trente hommes et emmena deux cent cinquante prisonniers. Trois jours après, Frédéric de Witem présentait au duc d'Autriche l'étendard d'Oriole sur lequel figurait un loup qui étranglait des moutons (Molinet, II, 113 et suiv.). Cet échec fut sans doute une des causes de la disgrâce de ces deux capitaines. Quant à Georges de la Trémoille, seigneur de Craon, on sait ses insuccès et ses exactions en Comté. — Robert de Balsac, seigneur d'Entraigues et de Ciermont-Soubiran, sénéchal d'Agenais et de Gascogne, partagea momentanément la disgrâce de son oncle le grand maître.

« Sire, le plus humblement que faire je puis me recommande à vostre bonne grâce. Et vous plaise savoir que par Mons. de Montfaucon, qui nagueres s'en alloit en sa maison et est passé par icy, j'ay sceu que vostre plaisir a esté que je n'aye plus la charge de la compaignie qu'il vous avoit pieu me baillierà conduire. Sire, j'avoie bien sceu par avant qu'il estoit bruit que vous aviés voulenté de ce faire, mais je ne le povoye croyre et me tenoye aussi seur de cest estât que de riens que j'aye, considéré que j'ay longuement servy et qu'il vous a pieu me faire cest honneur de m'avoir donné vostre ordre, aussi que les miens ont servi le feu roy vostre père, que Dieu pardoint, en ses grans affaires et ou temps qu'il en estoit besoing pour les grans troubles qui estoient lors en ce royaulme, en quoy ilz ont fine leurs jours, c'est assavoir mon feu père en la bataille d' Agincourt, mon frère Estienne, à Crevant, et mon frère dernier, en Guienne*. Et de moy, sire, depuis que je peuz monter à cheval, je servy le roy vostre père et vous le mieulx que j'ay peu-, et non pas si bien que j'en ay eu et ay le vouloir, en manière que, la mercy Dieu, vous n'y avés eu perte ne domraaige et ne vous ay point faict de faulte. Toutesfois, sire, puisque ainsi est cela et tout est à vous, vostre bon plaisir en soit fait, c'est bien raison.

« Sire, je vous supplie très humblement que vostre plaisir soit que je demeure en vostre bonne grâce et qu'il vous plaise avoir regard à mon faict et aux services que moy et les miens vous avons faitz, en manière que je puisse vivre soubz vous

1. Robert de Chabannes, seigneur de Charlus, mari d'Alix de Bort, dame de Pierrefitte, fut tué à Azincourt le 25 oct. 1415. Son fils aîné, Etienne, capitaine d'une compagnie de gens d'armes, périt à Gravant en 1423. Enfin Jacques, seigneur de la Palice, sénéchal de Toulouse, grand maître de France, succomba le 20 octobre 1453 aux suites d'une blessure reçue à la bataille de Gastillon, livrée le 17 juillet précédent.

2. Antoine de Chabannes fut élevé page du seigneur de Ventadour et du seigneur de la Hire, et combattit dès 1424 à Verneuil, où il fut fait prisonnier.

selon l'office et estât qu'il vous a pieu me donner. Et, sire, je suis tousjours pour faire et acomplir voz bons plaisirs et tout ce qu'il vous plaira me commander, aydant le benoist filz de Dieu, auquel je prie qu'il vous doint bonne vie et longue. » Souscript selon qu'il appartenoit.

CLXXI. — (Clair. 481, fol. 500, 1. 13. Chron. scand., ci-dessus, p. 85.) — De par le roy. Et dict on que audit Cambray ung nommé Marrafin ' pilla toutes les reliques des églises dudit lieu, dont il fist faire une chaynne. Laquelle, quant les bons gaubergeurs^ la virent, disoient que c'estoit la chaynne des reliques. Et en fist ou une chançon, où il y avoit au commancement :

Elle est bien abillée La ville de Cambray ; Marrafin l'a pillée^...

Et aussi pour lors les paiges de court disoient une chançon, où il y avoit au commancement :

Hz sont en grant pancée Les gens d'armes du roy, Dont la trêve est criée...

CLXXn. — (Clair. 481, fol. 501, 1. 24. Chron. scand.,

ci-dessus, p. 87.) — Si vaillamment et sans y espergner ne corps ne biens, car c'estoit ung très saige et bon chef de guerre et vaillant homme d'armes, et estoient contens de luytous les grans hommes estans soubz sa charge, et menoit soubz son enseigne ungne belle grosse armée, et estoit avec luy le seigneur de Bressourez^...

1. Louis de Marafin, écuyer, seigneur de Notz en Brenne, conseiller et chambellan du roi, capitaine de cent lances et gouverneur de Cambrai,, avait épousé Perronelle de Liniers. Il vivait encore en 1512 (Anselme, 11,417. Cf. Ymbert de Batarnay, p. 154 et suiv.).

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