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Les soucis d'argent ont commencé de bonne heure pour Stendhal. En maints endroits de son Journal, il se plaint de la lenteur que met son père à lui envoyer sa pension. Presque constamment dans la gêne, Henri Beyle était obligé d'emprunter à ses amis l'argent qui, parfois, lui manquait presque complètement.
Nous rencontrerons assez fréquemment, en marge du Journal, des témoignages de ces soucis financiers : dans des notes plus ou moins longues et plus ou moins fréquentes, Stendhal notait l'état de son porte-monnaie ; ces notes parlent de projets, alignent des chiffres, multiplient parfois les calculs. Jamais elles ne manquent d'intérêt, car elles précisent souvent, et quelquefois éclairent, des passages plus ou moins obscurs du Journal.
Toutes ces notes sont inédites. Nous les publions à leur date, au fur et à mesure de l'avancement de l'ouvTage.
Pour la période 1803-1804, il nous reste trois fragments de longueurs très différentes. Tous les trois se trouvent dans les manuscrits de la bibliothèque municipale de Grenoble : les deux premiers, très courts, sont dans R 5.896, vol. XXV, fol. 102 et 102 v^ ; le troisième, beaucoup plus important, est dans la même collection, vol. XXVI, fol. 1 à 22.
J'écris le 24 prairial XII [-13 juin 1804] to my father.
Le 1^^ prairial XII [-21 mai 1804], je n'avais pas le sou. J'emprunte 240 francs, je paie 151 d'habillement, reste 89 francs pour le mois. 89 + 204 = 293 francs, qui font 240 francs pour le mois de floréal, plus 53 francs pour le mois de messidor, il suffira donc, pour le mois de messidor : 1° de 240 francs pour payer ma dette ; plus, de 240 — 53^ 187 francs.
Il faut donc que mon père m'envoie le 1®^ messidor [-20 juin] 187 + 240 = 427 francs.
Il ne m'a envoyé que 200 francs. Je devais donc, au 1^^ messidor an XII, 227 francs. Je puis mettre 50 francs par mois, donc au l^'" vendémiaire an XIII, je devrai 327 francs, sans habillement nouveau.
Voyage to...
Mon père, outre ma pension, me doit, le 1^^ vendémiaire an XIII [-24 septembre 1804], 327 francs.
Si je pars le 1^^ vendémiaire, j'aurai les 200 francs de ma pension, il me faut 100 francs de dépense, donc il faudra demander 200 francs à Pacé.
En économisant comme un diable pendant le mois de vendémiaire, je pourrai tout au plus ne pas faire de nouvelles dettes, à cause des trois louis de La...
Donc, le l^r brumaire an XIII [-23 octobre 1804] j'aurai 100 francs de dettes ; à cette époque, si mon père ne me donne rien, il faudra donc que Martial * me donne 200 francs auquel cas, ne payant pas mes 100 francs de dette, je me trouverai posséder, le l^'" brumaire an XIII, 300 francs et l'équipage nécessaire pour partir.
14 fructidor XII [-1" septembre 1804].