Les belles Figures et Drolleries de la Ligue
(1589-1600), recueillies par Pierre de L'Estoile et publiées pour la première fois d'après les originaux par MM. G. Brunet, A. Champollion, E. Halphen, PaulLacroix, Charles Read et Tamizey deLarroque. Paris, Paul Daffis, éditeur-propriétaire de la Bibliothèque elzévirienne, rue Guénégaud, 7. M. DCCLXXVII.
Nous indiquons ici pour mémoire ce volume qui n'est qu'un tirage à part, à cent exemplaires numérotés, du tome IV de l'édition des bibliophiles.
Les détails bibliographiques qui précèdent sont précieux; c'est à ce titre que nous les reproduisons. Ils appelleraient cependant sur quelques points des réserves; il paraît bien en elTet que, au xvn** siècle, il y eut, des Mémoires-Journaux, des éditions fragmentaires plus nombreuses que ne l'admet l'auteur de cette notice. Nous ne pouvons entreprendre ici ces rectifications, nous contentant de rapporter l'extrait suivant du Dictionnaire historique et critique de Bayle qui paraît avoir été méconnu par les différents éditeurs de l'Estoile. Au sujet de l'endroit où fut assassiné Henri III (noteR) Bayle écrit : « Cette remarque se trouve encore plus fortement dans un livre qu'on intitule Journal des choses mémorables advenues durant le règne de Henri III et que l'on a imprimé peutêtre plus de vingt fois en Hollande avec trois ou quatre pièces satiriques (le Divorce satirique; les Amours du grand Alexandre; la Confession catho-
lique de Sanci; Discours merveilleux de la vie de Catherine de Médicis). La dernière édition est de 1699; le journal est plus ample que dans l'édition de 1693. Or voici ce que l'on trouve à la fin des Additions (p. 316-317) : « Plus on recherche d'observations et de particularités dans un si miraculeux accident... » Notez que cette addition était superflue, car tout ce qu'elle contient de considérable se voit, dans les mêmes termes, à l'édition de 1693 et je crois aussi qu'on le trouve aux éditions précédentes. Si l'on était assuré que ce journal, tel que les libraires de Hollande lont publié, est l'ouvrage d'un catholique, l'on serait certain que les réflexions des protestants, sur les circonstances de la mort de Henri III, sont moins fortes que celles d'un écrivain de l'autre parti... Le P. Anselme attribue ce journal à M. Servin '. Cela ne s'accorde pas mal avec les lettres initiales dont on s'est servi dans les éditions de ce livre; mais M. Pélisson {Histoire de VAcadémie, p. 330) assure que IM. de L'Estoile, un des quarante de l'Académie française, était fils d'un audiencier à la chancellerie de Paris, qui avait recueilli plusieurs mémoires des affaires de son temps, desquels un de ses amis tira le livre intitulé Journal... La question est de savoir si ceux qui ont manié le manuscrit avant qu'on le publiât ou depuis qu'on l'eût publié la première fois, n'y ont rien ajouté, ou retranché, ou sophistiqué. » Le lecteur possède, avec les pages qui précèdent,
1. L. Servin, célèbre avocat général au Parlement de Paris, mort en 1620.
et avec notre Avertissement les éléments essentiels pour connaître non seulement Pierre de TEstoile et sa famille, mais Thistoire de ces manuscrits et des éditions diverses qui Tout fait connaître ; notre tâche n'allait pas au-delà.
Armand Brette.