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45 ans et que je croyais beaucoup plus âgé, a une expression remarquablement intelligente et fine dans le regard, il a été moine de l'Ordre de. St-François et son couvent était à Braga. Ses études premières sur la littérature ancienne de son pays ont été fort médiocres, son style était des plus imparfaits, témoin sa traduction des Incas ! qu'Aïllaud trouva détestable et que Moura? fut obligé de revoir. L'air de Paris l’a retrempé. — Il ignorait l'existence de la lettre de D. Henrique que j'ai en ce moment chez moi et, chose plaisante, il avait aussi bien que Moura tenu le ms. 10245, où elle se trouve 3, Nous voilà bien nous autres chercheurs passant à côté d’un trésor et ne sachant pas le voir 4 Ce matin, Mfoura} m'a avoué en touchant les pièces son ÿ inadvertance.
[Verso] À propos de Portugais, M. Magnin $ a ignoré la lettre écrite par Vieira *, au comte d’Ericeyra À, pièce capitale dans laquelle il se lave. de toutes les imputations d’esprit brouillon et tracassier qui étaient portées contre lui. La vie de Vieira est complètement dans ses lettres.
Le même matin, le digne Colas? qui venait de recevoir la croix est
1 Publiée par J.-P. Aïllaud, en 1837.
? Le docteur Caetano Lopes Moura (1780-1860), écrivain brésilien, né à Bahia : Crspiprécedente moe 7
3 Pour le manuscrit 10245, v. Morel Fatio : Catalogue des manuscrits espagnols et des manuscrits portugais (Bibl. Nationale), 1892, p. 250. C’est le manuscrit classé à la cote 10 (ancien fonds, N° 10245), fol. 87-88 : Lettre de Henri de Portugal duc de Viseu au roi Jean Ier, Coïmbre, 22... 1428.
4 On m'a assuré que cette lettre était imprimée dans les mémoires de Jean Ie. C’est une chose dont il faut s'assurer (et qui est, en effet, 28 juin 1843) [note de F. Denis].
5 ét{ourderie], effacé.
5 Denis n’est pas sans estime pour les études portugaises de Magnin (cf. sur lui Sainte-Beuve, Nouveaux Lundis, t. V, p. 440 sqq.) dont il citera à plusieurs reprises « l’intéressante notice. sur Luiz de Camoëns ». (Préface de F. Denis à la traduction des Lusiades, 1841, p. XXII, etc.) ;
7 Le P. Antonio Vieira (1608-1697) est le célèbre jésuite, prédicateur royal, diplomate du roi Joäo IV, missionnaire du Brésil. Il se défend contre le jugement du comte d’Ericeira dans une longue lettre publiée dans les Cartas do Padre Antonio Vieira coovdenadas e anotadas da Lucio d'Azevedo, Coïmbre, 192$, t. III, p. 556, lettre CCXXX.
8 Le comte d'Ericeira, auteur d’O Portugal Restaurado (1679) dans lequel il repro-: che à Vieira d’avoir montré trop de subtilité dans les relations diplomatiques et d’avoir traité d’affaires « mais subtilmente do que os compreendiam os principes e ministros com quem comunicou muitos de grande importäncias ».
® Sic. Une note de Denis dans le ms. 3418 (Bibl. Sainte-Geneviève) précise : Collas (Achille) graveur. Chevalier de la légion d'honneur le 6 juin 1843. Ce Collas, qui fit de l’art industriel (il existe un brevet d'invention Achille Collas et Barbedienne, 30, Boulevard Poissonnière, réduction exacte par procédés mécaniques de statues, groupes, bas reliefs, bustes, etc.) est assez lié avec Denis pour lui demander (par unelettre non datée conservée dans le même dossier) de lui procurer une femme de ménage.
venu, puis M. Daniélo !, savant recommandable à plus d’un titre. J'ai envoyé, par son intermédiaire, le Monde Enchanté 2 à M. de Chateaubriand (ce que je n’eusse point fait sans cette occasion), le livre n'étant point de taille à se passer d’un commentaire,
Malgré ses soixante-quinze ans, en dépit de la lassitude de ses jambes, M. de Chateaubriand a en ce moment une grande sérénité. Toutes ses dettes sont payées, son revenu s’est accru. Il s'occupe d’une histoire de Rancé à.
Moura a reçu par l'entremise du Bfarjon Taylor 4 un secours de 150 fr. de la cassette royale. J'ai remis à Mfoura] le ms. de la chronique glénéra]le qu’il avait laissé en dépôt chez moi. Ce vieux livre portugais mérite certainement d’être publié. Il diffère en beaucoup de points de la Coronica general, imprimé par Florian de O Campo, il y a entre autres des vues générales sur la géographie de l'Espagne bien précieuses et omises dans le livre espagnol.
1 Jean-Paul Danielo (né en 1800) secrétaire de Chateaubriand, qu’il a aidé dans la préparation des Etudes Historiques, journaliste et auteur de divers ouvrages (Histoire et tableau de l'Univers, $ vol. 1837, etc.). Entrera dans les ordres, et sera, en 1848, député légitimiste à l’Assemblée Nationale.
2 Cf. No XLIII.
3 La Vie de Rancé paraîtra en 1844.
4 Isidore-Justin-Séverin baron Taylor, l'ancien Commissaire royal près du Théâtre Français, était, depuis 1838, inspecteur général des beaux-arts.
5 Sur les divers manuscrits de la Chronique générale et sur leurs variantes, cf. les études de M. Georges Sirot, Bulletin Hispaniçue, 1912, p. 244; 1917, P. 103, 243; 1919, P. 297 ; 1921, P. 84 ; 1922, P. 29$ ; 1926, p. 246 ; avril-juin 1927 ; janvier-mars 1930 — et de M. Menendez Pidal, Rev. de Filologia Española, 1921, p. 391. Nous ne savons lequel de ces manuscrits Moura avait entre les mains en 1843 ; mais c'était du texte publié par Florian de Ocampo que F. Denis s'était servi particulièrement, en 1839, dans ses Chroniques chevaleresques, en le commentant en ces termes : « Les historiens httéraires en font rarement mention, et plus rarement encore les historiens étrangers sen occupent-ils. C’est cependant une mine féconde à exploiter si l’on se rappelle que les diverses parties dont elle se compose furent recueillies par Alphonse le Sage, ce savant du XIIIe siècle... que l’on peut considérer comme un des esprits les plus remarquables du moyen âge. Cette chronique si curieuse et si complète est intitulée las quatro Patres entercesde la chronica de Espana, que mando componer el serenissimo rey don Alonso el Sabio, Zamora, 1541, 1 vol. petit in-fol. (Il y a une autre édition, même format, imprimée à Valladolid, 1604.) L'ouvrage entier eut pour éditeur Florian de Ocampo, historiographe de l’empereur Charles Quint. » (loc. cit., t. 1, p. 3).