‹ JournauxChapitre 74 sur 123 · PRÉFACE. CI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. CI

esprit de condescendance dont nous l'avons loué à si juste titre : s'il existe en Europe un pays où le principe de la résistance prédomine activement , un pays révolutionnaire selon le sens le plus étendu du mot , c'est assurément l'Irlande , et tout le monde l'a déjà nommée ; l'Irlande , depuis un demi-siècle en permanente insurrection contre le pouvoir qui l'opprime. Le pape a-t-il ordonné au peuple irlandois de plier sous la domination de l'Angleterre ? lui en a-t-il fait un devoir? lui en a-t-il même donné le conseil? il s'en est bien gardé ; il connoît trop ce peuple ardent , pour risquer près de lui de pareilles démarches, pour entreprendre de changer l'idée qu'il se fait de ses droits, ou de le déterminer à y renoncer. D'ailleurs qu' a-t-il à craindre du gouvernement anglois, qui n'exige de lui aucune chose semblable ? Réservant donc pour d'autres nations plus traitables ou plus affoiblies la grande doctrine de la soumission passive , il laisse la remuante Irlande démêler ses querelles comme elle l'entend. Qui n'applaudiroit à cette haute prudence? Nous pourrions ajouter beaucoup

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d'autres exemples à ces preuves mémorables de la sagesse pontificale ; mais ils n'ajouteroient rien à l'admiration qu'elle doit inspirer.

En résumé et pour conclure , le catholicisme languit et tend à s'éteindre en Europe : les peuples s'en détachent, les rois ou l'attaquent d'une manière ouverte , ou le minent sourdement. Quel moyen de le ranimer , de lui rendre la vigueur que de jour en jour il semble perdre ? Tel étoit le problème à résoudre , et il offroitdeux solutions. Plein de foi dans les vérités qui constituent fondamentalement le christianisme, dans sa puissance morale j dans l'harmonie de son esprit intime avec les instincts les plus élevés de l'humanité , on pouvoit , brisant les liens qui asservissent l'Église à l'État ^ l'affranchir de la dépendance qui entrave son action, l'associer au mouvement social qui prépare au monde des destinées nouvelles ; à la liberté pour l'unir à l'ordre et redresser ses écarts ; à la science pour la concilier , par une discussion sans entraves , avec le dogme éternel; au peuple pour verser sur ses immenses misères les flots intarissables de la charité di-

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vine. On pouvoit, en un mot, s'élevant audessus de tous les intérêts terrestres, embrasser la croix nue , la croix du charpentier né pauvre et mort pauvre ; la croix de celui qui ne vivant que de son amour pour ses frères , leur apprit à se dévouer les uns pour les autres ; la croix de Jésus fils de Dieu et fils de l'homme, et la planter à l'entrée des voies où le genre hu main s'avance. Onlepouvoit, nous le crûmes du moins. On pouvoit aussi resserrer l'ancienne alliance avec les pouvoirs absolus, leur prêter secours contre les peuples et contre la liberté , afin d'obtenir d'eux une tolérance telle quelle ; souder l'autel au trône, s'appuyer sur la force, tourner la croix vers \e passé , la confier à la protection des protocoles diplomatiques , la confier à la garde des soldats chargés dç con~ tenir, la baïonnette sur la poitrine, les nations frémissantes. Rome a choisi ce dernier parti , elle en avoit le droit ; et s'il est en nous une conviction profonde , c'est que , selon des vues au-dessus des siennes mêmes , elle a été déterminée à ce choix par la Providence.

En politique, t Avenir combaltoit tous les

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