PRÉFACE. CXVII
Alger? » est-ce là ce qu'a dit à la Chambre le ministère de Louis-Philippe? non^pas toutà-fait; il a dit : « Le roi a pris sa nièce. »
Plusieurs causes ont favorisé le succès passager du système dont la France subit l'inexprimable honte. Partagée en divers parti s, elle n'a pas opposé à l'oppression une résistance compacte. Après quelques vaines tentatives d'action , les hommes de la légitimité^'et du droit divin, peu d'accord entre eux, sont rentrés dans une inertie politique complète. Débarrassé de ceux-ci, qui ne forment d'ailleurs en France qu'une assez foible minorité , le pouvoir n'a rien négligé pour diviser les autres. Il s'est rattaché la haute bourgeoisie , l'aristocratie d'argent, par le monopole industriel ; la bourgeoisie moyenne par le monopole électoral ; la petite bourgeoisie par la crainte de l'émeute. Après avoir ainsi morcelé la bourgeoisie et l'avoir séparée du peuple, qu'il lui représente comme son ennemi naturel , irréconciliable , il a pu travailler , sans risque immédiat , à consommer le servage de celui-ci , détruire l'une après l'autre , avec l'appareil des formes légales ,