‹ Jours d'autrefoisChapitre 13 sur 37 · DÉDICACE D'UNE BARQUE · texte numérisé non relu

DÉDICACE D'UNE BARQUE

Seque dedicat tibi, Gemelle Castor, et gemelle Castoris. I Catulle).

Cette barque aux cordages frêles, Comme un alcyon des roseaux, Amis, jadis avait des ailes Quand elle volait sur les eaux.

Sous le soleil, sous les étoiles, Aux cris joyeux des matelots, La brise a chanté dans ses voiles, Ses rames ont battu les flots.

Par le calme et par la tempête, Sur les vagues, miroir changeant, Elle a ramené le poète Des golfes bleus frangés d'argent.

Elle revient des pays roses Où le marin voit au réveil Des îles et des fleurs écloses Dans le matin clair et vermeil.

Elle a jadis sur le Cytore, Bois sauvage au parfum amer, Livré sa verdure sonore Au souffle embaumé de la mer.

Des sources brillaient sous son ombre ; Le soleil dorait ses troncs roux, Et de sa chevelure sombre Montait un hymne vague et doux.

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Pour affronter les noirs abîmes Du Pont-Euxin plein de dangers, Les sapins ont quitté les cimes Où flottaient leurs soupirs légers.

Maintenant elle est enchaînée A l'anneau de bronze du port :

Elle achève sa destinée Au rivage où j'attends la mort.

Je la consacre aux Dioscures, Aux jumeaux, Pollux et Castor, Qui dans les batailles obscures Font resplendir leurs armes d'or.

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