ACTE II, SCÈNE I
Pourquoi veux-tu que j'ouvre?...
LANCÉOR
Je veux le voir de près, je veux toucher tes mains que je n'ai pas touchées, te regarder encore comme je t'ai regardée lorsque le premier jour... Ouvre ou je veux me perdre; je ne m'en irai pas...
T'en iras-tu dès que.'...
LANCÉOR
Je te promets, Joyzelle... Dès que tu ouvriras, avant qu'une hirondelle, avant qu'une pensée ait le temps d'accourir de Tendroitoù il est pour surprendre mu main qui va toucher la tienne...
Je t'en supplie, Joyzello, ceci est trop cruel... Je suis à cette porte comme un mendiant aveugle... Je ne vois que ton ombre qui passe entre les feuilles... Ces barreaux sont odieux et cachent ton visage... Un seul regard, Joyzelle, où je le verrai toute; et puis je m'en irai comme un voleur qui fuit avec un grand trésor qui ruisselle derrière lui.. Personne ne le saura, et nous serons heureux...
Lancéor, c'est affreux!... Je ne tremble jamais, mais je tremble aujourd'hui... C'est peutêtre ta vie; et c'est déjà la mienne... Quelle est cette clarté qui s'élève si vite?... Elle vient nous menacer, elle va nous trahir!.,.
LANCÉOR
Mais non, c'est le soleil qui monte derrière le mur... C'est l'innocent soleil, le bon soleil