ACTE II, SCÈNE IV
pas: d'un seul mot tu l'effaces... Tu sais bien, comme moi, que l'amour a des mots auxquels rien ne résiste; et que la plus grande faute, quand elle est avouée dans un baiser loyal, devient une vérilé plus belle que l'innocence... , Dis-le moi, ce mot-là; donne-le, ce baiser; avoue la vérité, avoue celle que j'ai vue, celle que j'ai entendue; et tout redevient pur comme il avait élé; et je retrouve tout ce que lu m'as donné...
LANCÉOR
J'ai dit ce que j'ai dit; si lu ne me crois pas, va-t'en, tu m'importunes..
Regarde-moi... Tu l'aimos puisque lu mens ainsi .'...
LANCÉOR
Non, je n'aime personne; et toi moins que les autres...
Lancéor!... Qu'ai-je fait?... Peut-être sans savoir?...
LANCÉOR
Rien, ce n'est pas cela... Mais moi je ne suis point celui que tu croyais, et tiens à ne plus l'être... Je suis pareil aux autres; je veux que le saches et que tu t'en consoles... et que toutes nos promesses s'éparpillent au vent de quelque nouveau rêve, comme cette feuille sèche que je froisse dans la main! .. Ah! l'amour de la femme!... Eh bien tant pis pour elles !... Je vivrai comme les autres dans uù monde sans foi où personne ne s'aime, où tous les serments cèdent à la première épreuve!... Ah! des larmes!... Il en fallait et je les attendais!... Tues dure, je le sais; et tes larmes sont rares... Je les compte goutte à goutte! Tu ne m'as pas aimé... L'amour qui vient ainsi, dès le premier appel, n'est pas celui sur quoi Von fonde le bonheur...