ACTE IV, SCÈNE I
mains et ne peut s'échapper si je n'y consens pas. Je t'avais prévenue . Le poison fait son œuvre et je la reconnais. Seul je puis le guérir, l'arracher à la mort, rappeler sa vigueur, sa beauté qui s'en vont; et te le rendre tel qu'il était avant que...
JOVZKLLE
Ah ! je vous en supplie, ne tardez pas ainsi!... Que m'importe sa beauté si sa vie nous échappe!... Rendez-le tel qu'il est, quel qu'il soit, que m'importe, pourvu que je le trouve et pourvu qu'il respire!...
MERLIN
Oui, je te le rendrai. J'ai déjà fait deux fois, — et m'en suis repenti, — ce que je vais refaire une dernière fois puisque tu le demandes; mais c'est un sacrifice que nul autre que loi n'auiait pu obtenir. En lui rendant la vie, je hasarde la
mienne. Pour réveiller sa force, pour rappeler son àme, c'est une part de ma force, cesL une part (Je mon àme que je dois lui donner. Il se peut qu'il m en prenne plus qu'il ne m'en demeure, et que je tombe mort à coté du rival que j'aurai ranimé... Autrefois je risquais ainsi mon existence pour sauver un passant, presque sans hésiter et sans rien exiger en échange... Mais aujourd'hui, je suis plus prudent et plus sage. Puisque j'olTre ma vie, il est juste qu'on la paie, et qu'on la paie d'avance, et je ne la lui donne que si tu me promels le moment le plus cher de la tienne...
JOYZliLLE
Comment?... Que faut-il faire?.
MERLIN, à part.
0 piiuvrc enfant trop pure!... Et vous, mes pensées chastes, ne vous mêlez donc pas aux