‹ Joyzelle; piéce en cinq actesChapitre 79 sur 83 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

lout appris rien qu'en voyant mes yeux, mes mains, mon ombre môme; et je ne pouvais pas le montrer mon bonheur... Tu devais l'ignorer jusqu'à la giande épreuve... Il fallait que tu fisses une chose impossible... Laquelle?... Je n'en sais rien; mais j'avais beau sourire, i4 a fallu céder; il m'a fallu attendre et compter patiemment les minutes de Iheure qui séparait ainsi doux ivresses sans patience... Mais maintenant j'accours, j'écoute, je veux savoir... Parle, parle, j'écoute...

.lOVZELLK

Puisque lu es heureux, je suis heureuse aussi... Je ne sais rien de plus... Je me réveille à peine dun songe plein d'horreur et incompréhensible...

JIEHLIN

Oui, ma pauvre Joyzelle, le songe était horrible; mais le voilà vaincu, et l'épreuve est

lîi

passée en fondant un bonheur que plus rien ne menace, si ce n'est l'ennemie qui menace tous les hommes...

LANCÉ OR

Mais quelle était enfin cette épreuve effroyable?...

MERLIN

Joyzelle te le dira dans les premiers baisers purs de toute inquiétude que vous échangerez après celte victoire. Ils voileront bien mieux que mes pauvres paroles ce qui, dans celte épreuve, paraît impardonnable... Elle était dangereuse et presque insurmontable... Joyzelle pouvait choisir une voie différente... Elle aurait pu céder, se sacrifier elle-même, sacriiier son amour, désespérer, que sais-je?... Elle n'aurait pas été la Joyzelle attendue... Il n'était qu'un sentier tracé par le destin; elle s'y est engagée, la suivi jusqu'au bout, et t'a sauvé la vie en sauvant son amour.. f

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