ACTE PREMIE», SCENE Tl
LANCÉOR
Depuis hier...
C'est étrange, on ne m'avait pas dit...
LAXCÉOR
Personne ne m'a vu... J'errais sur le rivajie jetais désespéré...
Oh ! Pourquoi ?
LANCÉOR
J'étais bien loin d'ici, j'étais bien loin de lui, quand une lettre me dit que mon vieux père se meurt... Je m'embarque aussitôt. Nous navi-
guons longtemps; puis, dans le premier port où le vaisseau relâche, j'apprends qu'il est trop tard, que mon père n'est plus... Je continue ma route, pour rejoindre du moins son dernier souvenir, et pour exécuter sa dernière volonté...
Pourquoi êtes-vous ici?...
LANCÉOR
Pourquoi ? — Je n'en sais rien, et comment, je l'ignore... La mer était très claire et le ciel était pur... On ne voyait que l'eau sommeillant dans l'azur... Tout à coup, sans raison, de grandes vapeurs bleues ont envahi les vagues. — Elles montaient comme un voile qui s'attachait aux mains, aux agrès, au visage... Puis le vent a soufflé, notre ancre s'est rompue et le navire aveugle, poussé par un courant qui le faisait frémir, s'est trouvé vers le soir dans le port