Voici quelques règles que donnent les auteurs
a. On ne peut pas changer l'objet du vœu en une matièfe obligatoire '' ex alio prœcepto", parce que, de fait, ce serait une vraie dispense. Monita, S. Pœn., 1900, § 27. — N. i?. T., t. XXXII, p. 168.
b. On ne peut pas commuer en une œuvre beaucoup moindre, car '•'- dlspensando commutare" veut dire '■^non notabiliter minora s ubstituere'\ Monita, S. Pœn., §26. — Lekmkuhl, l. c. La commutation serait pourtant valide, quoique oravement illicite. Suarez, II, tr. VI, 1. V, c. XX.
c. Il convient de substituer une œuvre semblable, par exemple : remplacer un vœu réel par une obligation réelle, — un vœu personnel par une obligation personnelle, — nn vœu perpétuel par une œuvre perpétuelle, etc.
d. Il faut tenir cas de l'excellence de la fin que le pénitent s'est proposée en faisant le vœu, — de la difficulté qu'il aura d'accomplir sa nouvelle obligation — et des autres circonstances de santé, temps....
c. Il est très utile et dans l'esprit de l'Eglise de prescrire la réception fréquente des sacrements quand on a espoir de réussir. Ferraris, Votum, art. II, n. 135.
ÎI4. 7'' Voici quelques exemples de commutation donnés par des aiiteurs :
Pour un pèlerinage à pied, d'un jour de marche, donnez un jour de jeûne ou une confession et communion et la visite d'une église, autant que possible, dédiée au saint en l'honneur de qui le vœu est fait. Ferraris, l. c.
Pour vœ,u de ne pas se marier, donnez un jour de jeûne
par mois ou nue confession et communion par mois, pendant plusieurs années, et en outre une chose plus légère, laquelle durera toute la vie, si le vœu était perpétuel. Ferraris, 1. c.
Pour Vœu de jeûner au yain et à Veau, donnez une confession et communion ou un rosaire avec aumône.
Pour Vœu de recevoir la prêtrise, donnez la récitation quotidienne de l'office de la sainte Vierge ou des sept psaumes de la pénitence, avec une messe à faire dire tous les mois et obligation de chasteté, si possible. Ferraris.
Pour Vœu de donner une aumône aux pauvres, imposez de leur rendre service pour l'équivalent de la somme...
D. Effets de la Commutation.
Il y a deux sortes de commutation : la commutation absolue, et la commutation conditionnelle.
ÎI5. 1" Par la Commutation absolue, la matière du vœu est remplacée purement et simplement par une nouvelle obligation.
a. Le Ue7i da vœu est alors transporté à la matière subrogée, la première obligation est complètement éteinte, au point que si la matière substituée devient impossible, le pénitent est complètemeîit libéré de son obligation.
h. Mais si la commutation a eu lieu en une œuvre d'égale ou de moindre importance, le pénitent est libre de re'prendre la première matière de son vœu, pour la raison que la commutation est une pure faveur à laquelle doit s'appliquer la règle 61® du droit, in 6" : " quodcumque ob " (jratiam alicujus conceditur, non est in ejus dispendium ''^ retorquendum". La commutation est comme donnée sous cette condition tacite: "si ei placuerit". S. Alph., IV, n. 248.
c. Quand la commutation est faite en une œuvre beaucoup) meilleure. S. Alph., IV, n. 248, enseigne que même alors, le pénitent peut toujours revenir à l'ancien
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objet de son vœu, s'il a deinaudé la cominutatioii pour utilité personnelle — et que, s'il l'a demandé " consulto et in majorem Del cultam ", il le peut également saus péché grave, — donc pour toute cause raisonnable — à moins qu'il n'ait renouvelé expressément son vœu sur cette nouvelle matière.
Î^O. 2" La commutation est conditionnelle quand le confesseur laisse liltie de choi.sir entre l'olijct premier du vœu ou un autre qu'il indique.
Par cette commutation, l'obligation n'est pas transférée sur une autre matière ; elle n'a d'autre but que de fournir au pénitent un autre moyen de liquider son obligation. L'obligation cesse donc avec l'impossibilité de l'objet piimitif.
î>7. 3" La commutation générale, par exemple, si le confesseur disait à son pénitent : " Je vous commue vos vœux, plus tard je vous dirai eu quoi, " laisse le pénitent lié à l'observation de son vœu tant que la matière subrogée n'a pas été indiquée, parce qu'il n'y a pas de commutation proprement dite tant que les deux termes n'existent pas, mais simple promesse ou simple commencement de commutation.
4° La commutation abolit la réserve à moins qu'elle ne tombe sur une autre matière réservée, parce que le vœu n'est réservé qu'à raison de son ol)jet.
5° La commutation continue de subsister quand même le pénitent ne continuerait pas les œuvres du Jubilé. Benoît XIV, const. Convocatis, § 54, l'a formellement déclaré, parce que la commutation sortit immédiatement ses effets " commutationes votorum... semel obtentœ, permanent in suo vigore etiam si contigerit eurn.... de eodem Jubilœo consequendo amjplius non laborare.^^
6° Formule de commutation.
" Item apostolica auctoritate mihi specialiter delegata " tibi votum (nommez...) quod emisisti, in (nommez
" substitution) qu.i' tibi pnescripsi dispensaiido commuto. " In nomine..." Th. a S.S., cap. XIII, § II, n. 6.