‹ Jubilé sacerdotal de S.E. le cardinal E.A. TaschereauChapitre 54 sur 121 · LL · texte numérisé non relu

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“ À Son Excellence Mgr RINALDO ANGELI, chap. secret de Sa Sainteté, Vatican.

“ Monseigneur,

“J'ai été cloué au lit par une attaque de goutte pendant quatre jours ; cependant, il y a deux jours—.c’est-à-dire lundi 4 avril— j'ai été capable de recevoir Mgr Marquis, que j'ai gratifié d’un fragment considérable de la relique insigne du bras de sainte Anne, mère de la bienheureuse Vierge Marie.

‘ Comme nous venions de recevoir en héritage du cardinal Bartolini d’heureuse mémoire, quelques autres reliques, nous avons pu ajouter au premier don une assez grande parcclle du manteau de saint Joseph que l’on n'aurait pu trouver nulle part ailleurs à Rome,

‘ J'espère que Sa Sainteté sera satisfaite de la manière dont nous avons répondu à ses désirs, qui pour nous sont des ordres,

“ En retour, je supplie le saint-père de vouloir bien accorder et à moi et à toute la communauté la bénédiction apostolique.

“ Et croyez-moi avec reconnaissance et respect, ‘

‘ De Votre Excellence, “ le très humble et très obéissant serviteur, “ (Signé) + FRaxçors-Léoron ZELLI,

; . . . - Le abbé ordinaire de Saint-Paul.

Le révérendissime Supérieur Général me pria de me rendre au monastère au jour fixé pour assister au partage

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de la sainte relique qui est à Saint-Paul. Cette très précieuse relique consiste en une partie d’un avant-bras, de huit pouces de longueur, contenant les deux os, la chair et la peau. Je pus obtenir un fragment de quatre pouces de longueur, Je fis aussitôt faire le reliquaire qui est sous vos yeux ; on s’empressa d'y placer cette relique et d'y apposer le sceau du révérendissime Supérieur Général ; puis on fit desuite préparer, signer et sceller l’anthentique

document que voici :

(Traduction)

“ Fraxçors-Léopozn ZELLI J'AcOBUZzI, de l'Ordre de saint Benoit, congrégation du Mont-Cassin, par la grâce de Dieu et du Siège apostolique ABBÉ nullius de la basilique patriarcale de Saint-Paul de la voie Ostienne, Ordinaire et Recteur de Saint-Paul de Rome, relevant directement du Saint-Siège,

‘ À tous ceux qui les présentes verront faisons savoir et attestons que : nous rendant au désir (qui est un ordre) de Notre Très Saint-Père en Jésus-Christ et Seigneur, le Très Auguste Léon XIII, Pape, et usant de la faculté qu’il nous a donnée, nous avons ordonné à notre Prieur de détacher du bras de sainte Anne, mère de la Mère de Dieu, un fragment de grandeur considérable ; ee fragment, enfermé dans un vase de métal recouvert de cristal, attaché avec un cordon de couleur rouge, et scellé à l'intérieur du sceau dont nous nous servons en pareil cas, nous le destinons, offrons et donnons à la basilique mineure de Sainte-Anne de Bcaupré dans l’archidiocèse de Québec. Notre intention est qu’il soit conservé avec un pieux respect et exposé à la vénération publique afin d'accroître la dévotion envers cette bonne mère de la Très Sainte Mère de Dieu.

‘ En foi de quoi nous avons fait expédier ces présentes

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lettres, après les avoir scellées de notre sceau, et les avoir signées de notre propre main.

“ Donné au Patriarcat, près de la Basilique Patriarcale d'Ostie, le 9 avril, mil huit cent quatre-vingt-douze, du Pontificat de Notre Très Saint-Père Léon XIII lan quinzième, indication Romaine cinquième.

‘ (Signé) + Kraxçors-Lé£orop, ‘ abbé ordinaire.

(TL. x $.)

Par mandement du Très Révérend Père Abbé.

‘“ (Soussigné) D. BoxrrACE OSLAENDER, *“HPheur

On ajouta à ce document un extrait du livre des révélations de sainte Brigitte au sujet des reliques de sainte Anne, mère de la bienheureuse Vierge Marie. Pendant que la sainte cherchait dans son esprit le meilleur moyen de les faire connaître et honorer, sainte Anne lui apparut et lui dit :

“Je suis Anne protectrice de toutes celles qui ont vécu dans l'état du mariage avant la loi évangélique, et je suis en même temps la mère de celles qui vivent dans le même état depuis la loi nouvelle, parce que Dieu a bien voulu naît.e de celle que j'ai engendrée, En conséquence vous honorerez Dieu de cette manière : Louange et béné-

diction à vous, à Jésus fils de Dieu et de la Vierge, qui vous êtes choisi pour mère la fille d'Anne et de Joachim. Par l'intercession de sainte Anne jetez des yeux de

miséricorde sur tous ceux qui vivent dans l’état du mariage afin qu'ils acquièrent des mérites pour le ciel. Dirigez aussi tous ceux qui se destinent à embrasser cet état afin qu'ils y puissent honorer Dicu.

‘ Ces reliques que vous possédez seront une souree de consolation pour tous ceux qui les vénèreront, jusqu’à ce

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qu’il plaise à Dieu de les honorer d’une manière plus éclatante au grand jour de ‘a Résurrection.”

Cette affaire terminée, je me suis mis en route pour le Canada, J’arrivai à New-York le dimanche premier mai,

Ce jour même on fit vénérer la précieuse relique dans l’église canadienne de Saint-Jean-Buptiste, et sous les yeux de l'assistance un miracle s’opéra. Ils’en suivit une telle excitation que je fus obligé de passer trois semaines dans cette ville, au lieu de vingt-quatr heures comme je me l’étais proposé. Et durant ée temps, pas moins de 250,000 personnes sont venues vénérer la relique de notre sainte thaumaturge.

Le saint-père ayant été informé de ces faits, fit écrire, par l’éminentissime cardinal Secrétaire d'Etat, la lettre que voici :

‘“ Rome, 2 juillet 1892.

“ Illustrissime et Révérendissime Seigneur,

‘ Dans le journal! qui m'a été adressé le 10 de mai par Votre Seigneurie Illustrissime j'ai lu avec un vif intérêt la relation du mouvement religieux qui s’est produit chez vous par la précieuse relique du bras de sainte Anne, J'en remercie et j’en bénis le Seigneur qui se sert d’un tel moyen pour raffermir la piété des croyants, et qui, par les prodiges qu’opère la sainte relique, attire vers le giron de la vraie Eglise ecux qui n’ont point le bonheur de lui appartenir,

“ Vous qui êtes témoin de ce mouvement religieux, vous devez éprouver une bien douce satisfaction, et je fais des vœux pour qu'elle aille toujours croissant, pendant queje me souscris avec des sentiments de profonde estime,

‘“ De votre Seigneurie Illustrissime, ‘ le très affectionné serviteur, “ (Signé) M. Carp. RAMPoLLa.”

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