‹ Jubilé sacerdotale de S.E. le cardinal E.A. TaschereauChapitre 71 sur 141 · LE CONSEIL DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE · texte numérisé non relu

LE CONSEIL DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

Nous avons ici un conseil de instruction Publique divisé en deux branches, lune pourles écoles catholiques, l'autre pour les protestants : chacune & pour les écoles de sd Crorance respective les pouvoirs absolus, L s écoles sont subventionnées par l'Etat, et cette subvention est répartie au prorata du chiffre de la population catholique ou protestante,

Les protestants forment à peu près un septième de Ja population. Or, ils reçoivent un peu plus d'un septième de loctroi et ils l'emploient comme ils le désirent. Nous allons plus loin que cela encore. Pour les écoles normales et pour les institutions où se donnent l'instruction aux sourds-muets et aux aveugles, nous donnons aux protestants untiers de l'argent voté, bien qu'à la rigueur ils n'aient droit qu'à un septième, Pourquoi cela? Parce que nous comprenons que Îles minorités doivent être protégées, et qu'il faut leur faire une part aussi large que possible, parce que nous sommes tous des frères, des enfants de la patrie commune, des membres nne même famille où les plus forts doivent aïmer ie lus faibles et les protéger.

Ce n'est pas tout : au moment où l'attention des peuples dans le monde entier est fixée sur la question de léducation, il fait bon de constater qu'ici, en exécution du principe que la famille à le choix de l'école pour Fenfant, nous laissons à chacun la liberté d'envoyer son enfant où il veut, et de ne pas contribuer pour le soutien des écoles qui répugnent ù ses Crovances,

Dans toutes nos paroisses où il v a des catholiques et des protestants, les catholiques soutiennent leurs écoles et en confient la régie à des instituteurs nommés par eux, Ni les protestants veulent avoir une école poureux, ils n'ont qu'à le dire, et de suite ils élisent des syndies dissidents qui sont parfaitement indépendants des comiissaires catholiques : les protestants ne contribuent que pour le maintien de l’école protestante. Voilà ce que nous continucrons de faire dans cette province catholique

et française, où nous sommes en grande majorité,

Vous qui étes habitués à ce spect icle et qui trouvez Si

naturel d'être grands et généreux, vous me direz peut-

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être : mais qu'y at-il de si beau, li-dedans? Ce qu'il y a de beau, c'est que nous n'imposons pas à nos concitoyens d'une autre origine et d'une autre croyance une obligation qui répugne aux droits sacrés de la famille. C’est que nous ne mettons pas nos amis de la minorité protestante dans la pénible nécessité de violenter leur eonscience

leur liberté, c'est que nous ne voulons pas fan ver les protestants pour des écoles auxquelles leurs convictions leur défendent d'envover leurs ei s,

Que dirait de nou< le 1 * civilisé, si, abusant de notre force, nous dl S los reotestants auront à contribuer à la constraenon de no + catholiques ? Or, l'école, c'est | else de l'enfan . Nos concitoyens protestants ne voudraient pas plus envover leurs enfants à l'école catholique ( s voudraient aller eux-mêmes nos

églises. Toutes deux répugnent à leurs crovances, à leurs

sentiments, Et nous respectons leurs opinions. Nous sommes convaincus qu'il serait aussi injuste de faire pi

les protestunts pour la construetion de nos écoles nos églises, qu'il serait arbitraire de forcer par une ] cultivateur de fournir de argent pour construire la maison de son voisin, Nous violerions par I 1 droit sacré de la propriété, nous sanetionnerions le principe qu'un homme n'a plus droit à l'argent qu'il a péniblement gag x la sueur de son front, nous proclamerions qu'un homme n'a plus droit au fruit de son travail, et nous dirions au laboureur qu'il doit peiner sur sa priété au bénéfic d'un autre. En un mot, nous rétablirions Fesclavage de Ces siècles de ténobres, où lh ii arc du fouct pouvait ture travailler son semblable, eomimi | était une bôti de somme. Or, nous n'en sommes pas rendus Fi, d | pro inee de Quebee, sur cette te { lassique dl VraIes libertés et de la réelle grandeur, et nous ) is que le

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