RELIGION ET PATRIE
En l'an quarante-deux de ce siècle, un jeune homme, Prêt à verser son sang pour l'Eglise de Rome,
Se vouait à l’apostolat.
Sa grande humilité, ses vertus, sa science
rt
Et son profond esprit le désignaient d'avance Au poste de l'épiscopat.
Disciple du prélat à la noble origine, ù Qui répandit à flot la lumière divine . VEZINA Dans les Ames de nos aïeux,
Le jeune abbé suivit du grand Laval l'exemple :
Les fils du même peuple et le même vieux temple Diront sa gloire avec les cieux !
, Wallis L'on devine le nom de ce jeune Moïse Que Léon treize a fait prince de notre Eglise, B.
L'illustre Elzéar Taschereau, J, VÉZINA
Le cœur de cet apôtre aimant toutes Les races int-Jean-
Saignait en entendant proférer des menaces Contre les siens ct leur drapeau.
F, AERTS Le peuple canadien, sur les bords de ce fleuve, Venait de retremper dans une longue épreuve HA Son patriotisme et sa foi.
Il sentait Le besoin d'aflirmer la croyance [, BLEGER Qu'il avaic conservée au prix de sa vaillance Sous la tutelle de la loi, J, VÉZINA Voulant garder toujours sa langue et ses usages, Il inspira l’idée à ses fils les plus sages De former un cerele nombreux :
Et Saint-Roch, ce berceau de notre colonie, ur) Fut le centre où parut l'auréole bénic De notre patron glorieux !
Honneur à toi, Saint-Roch, d'avoir été le siège De ce cercle puissant que l'Eglise protège Et comble de mille bienfaits!
Ce grain de sénevé, symbole d'espérance, A produit sur le sol de la Nouvelle-France Des fruits de bonheur et de paix!
Longtemps les fondateurs de la Saint-Jean-Baptiste, Phalange de tribuns formés à l'improviste,
Eurent à défendre leurs droits ; Mais les sages discours qui tombaient de leurs lèvres
Dissipèrent bientôt les puériles fièvres Qui brûlaient des esprits étroits.
VOÉSIE DE M, CAOUETTE
Puis, spectacle admirable, un jour le fanatisme
Enfin céda la place au vrai patriotisme
Qui doit régner dans tous les cœurs,
Et lorsque se levait l'aube de notre fête,
Dans nos rangs l'on voyait—oubliant Ia conquét
Les vaineus aux bras des vainqueurs !
A l'angolus du soir, ils s'assemblaient à table Pour vider des plaisirs la coupe délectable,
Aux sons du cuivre et des tambours :
Et ces joveux refrains, patriotique antienne, * O God save the Queen, Vive le Canadienne.”
Alternaient avec les discours,
Et la Kaint-Jean-Baptiste a grandi sous l'égide De notre Cardinal, qui l'assiste et la guide
Dans ses projets Gt SOS Cr Vatuix,
I sait qu'elle est fidèle à sa fière devise :
“Religion et patrie," et de plus qu'elle vise
A nous rendre heureux et lovaux!
Cinquante ans ont passé depuis Fheure présnière
Où Martial Bardv, sous la méme bannière,
Groupait les Canadiens-Français !
Cinquante ans ont passé sur cette humble province
Depuis le jour célèbre où notre éminent Prince
Quittait le monde et ses attraits !
Le premier nous a fait aimer notre patrie
Et vénérer par I la mémoire chérie
Des morts qui furent nos soutiens ;
Le second nous a fait aimer les deux ensemble : L'éphémère patrie, et l'autre où Dieu rassemble Les vrais patriotes chrétiens !
Allons, peuple, debout ! que de tous les villages
Tes enfants viennent rendre au Prince leurs hommages Et le tribut de leur amour !
Qu'ils viennent done serrer leurs rangs qui s'éclaircissent
Autour du vieux drapeau dont les plis s'élargissent
Pour les abriter en ee jour !
A} J, B. CAGUETTE,