SCÈNE V
CAGLIOSTRO, CARACOLI, se carrant dans un fauteuil d'un air triomphant.
Eh bien! mio maestro?
CAGLIOSTRO, regardant si tout le monde est sorti. Silence I
CARACOLI.
Èles-vi content?
CAGLIOSTRO, vivement et à voix basse. Oui, excepté les vins généreux et les mets succulens qui étaient superflus.
CARACOLI.
Je les trouve, moi, très nécessaires.
CAGLIOSTRO
Silence, te dis-je !... Je t'ai fait rester jusqu'à ce soir dans la maison, pour que lu puisses tout voir et tout entendre... Il y a ici une dot d'un million à toucher.
CARACOLI.
Capisco!... ma la graud'mèrc ?
CAGLIOSTRO
Est déjà gagnée.
CARACOLI.
Et la zeune personne?
CAGLIOSTRO
Je n'en désespère pas.
CARACOLI.
Si vi y parvenez... ze me prosterne, 6 maeslro !
CAGLIOSTRO
Nous n'avons à craindre que le chevalier de Saint-Luc, son cousin, jeune seigneur riche et maître de sa fortune... Il adore sa cousine.
CARACOLI.
C'est fâcheux per vous... per un mari.
CACLIOSTRO.
Peu m'importe I... mais il me déleste et peut me perdre... Il faut ie prévenir.
CARACOLI.
El comment?
CAGLIOSTRO
Il y a quelque intrigue sous jeu... Une lettre qu'on lui remuait avec mystère ou moment où
| il entrait à l'hôtel... Je l'ai vue... une lettre qu'il a refusé de montrer.
CARACOLI.
A quel sujet?
CAGLIOSTRO
C'est ù toi de le savoir... en observant.
CARACOLI.
C'est-à-dire, en regardant et en écoutant.
CAGLIOSTRO
Tu n'es ici que pour cela... On vient.
CARACOLI.
Est-ce lui?
CAGLIOSTRO
Non ! le prince bavarois, grand seigneur millionnaire, qui se jetterait pour moi dans le feu. CARACOLI.
Si vi pouviez l'y faire fondre en lingot d'or per nos créanciers qui commencent à se montrer.
Qui le dit que je n'y ai pas déjà pensé?
CARACOLI, à voix haute.
O grand homme!
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO 00 OOOOOOOOOOOOOOCOO