‹ JudithChapitre 177 sur 547 · ACTE II, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE

CARACOLI.

Per vous! ma, per moi !...

CAGLIOSTRO

Je te trouve plaisant!... Comment! paysan calabrais et barbier de village, je l'admets, vu ton intelligence, à l'insigne honneur de m'accoramoder... je te confie cette tête savante qui renferme tant de trésors...

CARACOLI.

E vero !

CAGLIOSTRO

Trésors que chaque jour je remets entre les mains !

CARACOLI.

El qu'est-ce qui m'en resle?... qu'est-ce que z'y gagne?

CAGLIOSTRO

Ce que lu y gagnes, ingrat I Hier déjà, ne t'aije pas créé marquis de Garacoli... et fait reconnaître pour tel par la plus brillante société de Versailles?... Te voilà un rang... un litre...

CARACOLI.

E vero ! ma, le solide?

CAGLIOSTRO

Ne t'ai-je pas donné, pour remplir ce rôle , un costume élégant et complet... que je dois... et qui t'appartient?... des bagues en diamans? CARACOLI.

Qui sont fauxl

CAGLIOSTRO

Et pour jouer le marquis, l'homme comme il faut, qui nécessairement doit avoir la vue basse .. ce lorgnon en or, celte chaîne en or... véritable.

CARACOLI.

Ça, ze ne dis pas non .'... C'est la seule gratification que z'aie reçue de vous.

CAGLIOSTRO, avec indignation.

Une gratification!... lu veux dire un à-compte... un faible à-compte sur l'immense fortune qui m'atlend, et que je partagerai , dès qu'elle sera faite, avec mon ami le Calabrais, Tomasso Caracoli... s'il me sert fidèlement... car s'il me trahissait, je lui ai prouvé que j'ai le moyen de le punir.

CARACOLI.

Si, si maestro... vi êtes puissant, ze le sais... vi avez des secrets terribles... Ze vous ai vu... (Montrant une 'machine pneumatique.) tuer un oiseau et le rendre à;la vie... (Montrant une pile de volta.) avec celle-ci, faire s'agiter et danser des morts... et moi-même, avec d'excellent tabac d'Espagne, m'endormir jusqu'au lendemain , sans me dire : Dieu vous bénisse 1

CAGLIOSTRO

Sommeil qu'il m'eût été facile de faire durer!

CARACOLI.

Ad eternum!... Aussi, z'ai toujours peur dans ce séjour de sorcellerie !

CAGLIOSTRO

J'y allends ce matin madame la marquise, sa petite-fille et le prince Bavarois !... Ah ! dis-moi , tu as rempli mon message auprès de la Corilla?

CARACOLI.

Si signor!... Elle ne voulait pas croire que son amant le chevalier loui fût infidèle, et voulût en épouser une autre !... Povera ! elle a été comme une lionne, quand ze loui ai dit: Si vous en voulez la preuve, trouvez-vous à deux heures, à Paris, rue Saint-Claude, chez le comte de Cagliostro... entrez par l'escalier dérobé... que ze loui ai désigné... et dès quevi serez dans la première pièce... (Montrant la porte à gauche.) celle-ci, vi frapperez trois coups et attendrez !

CAGLIOSTRO

A merveille!... elle viendra ici?

CARACOLI.

A deux heures!

CAGLIOSTRO

Et dès qu'elle sera dans celte pièce , elle frappera...

CARACOLI.

Trois coups... per annoncer sa présence !

CAGLIOSTRO

Le reste me regarde!., va à tes courses... en commençant par notre somnambule, qui nous est indispensable pour la séance de ce soir !

CARACOLI , montrant le papier qu'il tient.

C'est sur la note, et ze la préviendrai !

CAGLIOSTRO

Ah! étourdi que j'étais!... et ce bon qu'il faut loucher avant tout, chez le banquier du prince, place Royale... C'est à deux pas d'ici... va et reviens avec cette sommeen or...Enlcnds-tu?enor.

CARACOLI.

Oui , maestro... avant une demi-heure, ze serai revenu ! fil sort par le fond.)

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