‹ JudithChapitre 185 sur 547 · C.UiLlOSTRO · texte numérisé non relu

C.UiLlOSTRO

Là marquise, à Caracoli, montrant Cagliosiro. Oui vraiment, ce grand alchimiste Va faire l'épreuve à nos yeux !

CARACOLI, allant à Cagliostro.

Ainsi donc le secret existe ? De le voir ze souis curieux.

LE PRINCE, à droite, poussant un cri.

Grand Dieu !

LES DEUX FEMMES, vivement.

Quoi donc ?

LE PRINCE

J'aperçois quelque chose !

LES DEUX FEMMES, s'approchant.

Ciel !

CARACOLI, de même.

Déjà !

CAGLIOSTRO, avec sang-froid.

Ce doit être à bien petite dose!

CÉCILE, regardant.

Moi, je ne vois que du charbon !

i:\RACOLi, regardant avec son lorgnon qu'il tient à la main.

Moi de même!

LA MARQUISE, LE PRINCE et CÉCILE.

Non ! non ! non !

REPRISE DE L'ENSEMBLE

TOCS LES QUATRE, à droite.

A mes yeux avides Rien ne s'offre encor, etc.

cagliostro, seul à gauche.

A leurs yeux avides Rien ne s'offre encor, etc.

Caracoli pose sur la table à gauche , et pour prendre un soufflet , le lorgnon et la chaîne qu'il tenait à la main. Pendant qu'il souffle, Cagliostro , qui était seul à gauche , s'approche de la table ; il aperçoit le lorgnon et la chaîne laissés par Caracoli , il les saisit vivement sansêtre vu des autres, qui sont à l'extrême droite du théâtre.) CAGLIOSTRO, jetant le lorgnon et la chaîne dans le fourneau.

Soudaine et dernière espérance Qu'à mes yeux le sort vient offrir !

LA MARQUISE, s'approchant de Cagliosiro, qui est de- . vaut le fourneau et qui a repris le soufflet. Ah ! faites que cela commence , D'honneur je n'y puis plus tenir !

LE PRINCE

Ni moi non plus !

CAGLIOSTRO

Al) ! patience !

Il faut bien que l'œuvre ait son cours ! (Lui remettant le soufflet.)

Soufflez, prince, soufflez toujours !

LE PRINCE

Maintenant cette flamme ardente Ferait dissoudre en un instant Le cuivre et le fer...

CAGLIOSTRO, avec joie.

Vraiment !

L'œuvre s'avance alors !

(Il jette une pincée de colophane qui fait jaillir la flamme.) Cette poudre puissante Doit l'achever!

LE PRINCE, s'approchant du fourneau.

Ah! celte fois, voyez, Sur ces charbons torréfiés, Briller ce métal jaune !...

LA MARQUISE, voulant y porter la main.

Est-il vrai !

CAGLIOSTRO

Trenez garde !

Ce métal est brûlant !

Grands Dieux !

(Cagliostro a pris, avec de petites pinces d'acier, un morceau d'or qu'il lui présente.) Donnez ! donnez !

CÉCILE et CARACOLI, auprès de la marquise. Ah ! que je le regarde !

CAGLIOSTRO, avec d'autres pinces, présentant au prince un autre fragment d'or.

Examinez ce métal précieux !

TOUS

O miracle !

O spectacle !

Dont mon œil doute encor.

O prestige!

O prodige !

C'est de l'or! oui, de l'or !

O magie !

O génie !

Devant des succès tels Tout s'efface, Et sa place N'est plus chez les mortels I LE PRINCE.

Ah! c'est vraiment sublime...

(A Caracoli, qui regarde autour de lui.)

Eh ! mais, qu'avez-vous donc ?

CARACOLI.

Pour mieux examiner, je cherche mon lorgnon... Et ze ne le vois pas... Il était là... CAGLIOSTRO, passant près de lui et lui prenant la main.

Silence I LE PRINCE, qui l'entend.

Comment! Que dites-vous?

CAGLIOSTRO

Je dis Qu'une semblable expérience Ne peut se faire qu'entre amis...

Je réclame avant tout, mesdames, du silence !

Page 1