‹ JudithChapitre 223 sur 547 · GUILLAUME, ARNOLD · texte numérisé non relu

GUILLAUME, ARNOLD

DUO

GUILLAUME

Où vas-tu? quel transport l'agile?

approche d'un ami n'arrête point ta fuite?

ARNOLD

Non.

GUILLAUME

Pourquoi trembles-tu?

ARNOLD , à part.

De feindre aurai-je le courage?

(liant.)

Sous le fardeau de l'esclavage Quel grand cœur n'est pas abattu ?

GUILLAUME

Je comprendrais des maux que je partage ; Arnold ne m'a pas répondu !

ARNOLD

s-je assez malheureux!

GUILLAUME

Malheureux? quel myslère!

Pourquoi te taire?

ARNOLD

Qu'espères-tu?

«endre à ton cœur la force et la vertu.

arnoi n, à pari.

h! Mathilde, idole de mon arne!

Il faut donc vaincre ma flamme?

GUILLAUME, observant Arnold.

Je saurai lire dans son cœur.

ARNOLD

O ma patrie!

Mon cœur te sacrifie Et mon amour et mon bonheur.

GUILLAUME, à part.

Il rouyit de son erreur En servant la tyrannie S'il fut traître à sa patrie Son remords du moins expie Un moment de déshonneur.

(Haut.) Pour nous plus de crainte servile ; Soyons hommes, et nous vaincrons.

ARNOLD

Et comment venger nos affronts ?

GUILLAUME

Tout pouvoir injuste est fragile.

ARNOLD

Contre des maîtres étrangers Quels sont nos appuis?

GUILLAUME

Les dangers ; Il n'en est qu'un pour nous, pour eux il en est mille.

ARNOLD, mondant la maison qui renferme la femme et le fils de Guillaume.

Songe aux biens que tu pei

GUILLAUME

Qu'importe!

ARNOLD

Quelle gloire espérer des revers'?

GUILLAUME

Je ne sais Irop ce que c'est que !a gloire, Mais je connais le poids des fers.

ARNOLD

Ton espérance...

GUILLAUME

Est la victoire :

La tienne aussi , j'ai besoin de le croire.

ARNOLD

Nous serions libres!...

GUILLAUME

C'est mon vœu.

ARNOLD

Mais où combattre?

GUILLAUME

Dans ce lieu.

Je te l'ai dit : plus de crainte servile.

Vaincus, quel sera notre asile?

< in I.AUME.

La tombe.

ARNOLD

Et notre vengeur?

GUILLAUME

Dieu !

GUILLAUME TELL

ARNOLD , a part.

Ah ! Mathilde , idole de mon ame !

Il faut donc vaincre ma flamme?

GUILLAUME

Je vais lire dans son cœur.

ARNOLD

O ma patrie!

Mon cœur te sacrifie Et mon amour et mon bonheur.

Il rougit de son erreur En servant la tyrannie S'il fut trnitre à sa patrie, Son remords du moins expie Un moment de déshonneur.

ARNOLD

Du combat quand sonnera Iheure , Ami, je serai prêt...

(Le cor se fait entendre et Arnold cherche à s'éloigner. ) GUILLAUME.

Demeure.

ARNOLD

O contre temps fatal !

GUILLAUME

Melcthal ! Melcthal !

(La cor résonne de nouveau.) ARNOLD.

Qu'entends-je !

GUILLAUME

C'est Gésier! quoi! tandis qu'il nous brave, Voudrais-tu, volontaire esclave, D'un regard dédaigneux implorer la faveur?

ARNOLD

Quel sévère langage !

Pour moi c'est un outrage.

Je veux sur son passage Braver l'insolent oppresseur.

GUILLAUME

Point d'entreprise téméraire Songe à ton père : il faut le protéger ; A ta patrie : il faudra la venger.

arnold, à part.

Mon père! mon pays ! ma tendresse ! Que faire?

GUILLAUME

Il hésite , il pâîit ! quel est donc ce mystère ? ARNOLD , à part.

O ciel ! tu sais si Mathilde m'est chère ! Mais à la vertu je me rends.

( Haut. ) Haine et malheur à nos tyrans !

GUILLAUME

Entends au loin les chants de l'hyménée; N'attiUtons pas la fête des pasteurs:

A leurs plaisirs ne mêlons pas de pleurs ; Et que, du moins une journée, Un peuple échappe à ses malheurs.

arnold, à part.

A ses regards cachons mes pleurs :

O ciel ! tu sais si Mathilde m'est chère' Mais à la vertu je me rends.

(Haut.) Haine et malheur à nos tyrans !

GUILLAUME

De mon secret il est dépositaire; Mais il combattra dans nos rangs.

Haine et malheur à nos tyrans!

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