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ACTE II, SCÈNE II. i

Voir sa dernière marguerite Fleurir....

(Retombant dans sa tristesse.) Mais pour les morts il n'est fleur ni soleil.

ODETTE, à pari.

Comment donc l'arracher à ce morne sommeil ?

(Apercevant des cartes sur la table.) 0 bonheur!

(A Charles.) Regardez.

Les miennes...

CHARLES, se levant.

Des cartes ! ce sont elles ,

ODETTE

Il renaît.

CHARLES

Que de ses mains cruelles, La Reine vint m'ôter quand je désobéis.

ODETTE

Le Dauphin , s'il l'eût vu , ne l'aurait pas permis. CHARLES, en s'adressant aux caries.

Hector ! Ogier ! mes féaux, mes fidèles, Votre Roi vous retrouve enfin :

Aux armes pour sa cause!

ODETTE

Imitez le Dauphin.

Frappez et d'estoc et de taille !

( Divisant les caries en deux parties.) Pour nos soldats le rouge , et le noir pour les leurs.

(A Odette.) Joue avec moi.

ODETTE, à part.

D'abord il faut sécher ses pleurs ; Plus tard, il m'entendra.

CHARLES, qui présente à Odette la moitié des cartes. Bataille !

ODETTE

Eh bien, bataille

DUO

ODETTE

A la victoire où nous courons

Je guide à travers la poussière Des Anglais les noirs escadrons ' Sonnez claîro;is '

CHARLES VI

Moi, les Français, comme aux beaux jours Où de leur sanglante bannière Les couleurs triomphaient toujours.

Battez tambours !

ODETTE, posant une carte sur la tabla. Ogier !

CHARLES, qui prend.

Judith est la plus forte.

Un dix !

ODETTE

CHARLES

Un as !

ODETTE

J'ai du malheur.

CHARLES, radieux.

Un contre dix , et je l'emporte !

ODETTE

Le nombre cède à la valeur,

CHARLES

Jette un guerrier dans la carrière.

ODETTE

David !

CHARLES

11 a le sort d'Ogier :

Pris!

Votre fureur meurtrière Aux miens ne fait aucun quartier.

CHARLES

Il faut qu'en pièces je les taille.

ODETTE

Encore à vous !

CHARLES

Toujours à moi !

Non pas

ODETTE

CHARLES

C'est vrai : roi contre roi !

Bataille, sire

ODE t i E.

CHARLES

Lli bien, bataille!

CHARLES

Voici le plus beau de mes jours :

Encore un effort héroïque, Ils sont écrasés pour toujours.

Battez tambours !

ODETTE , montrant la dernière carte qui lui reste. Voici de mes noirs escadrons, Contre vous l'espérance unique ; Mais, un effort, et nous vaincrons.

Sonnez clairons !

(Elle abat sa carte.) Argine.

CHARLES, reculant.

J'ai peur !

ODETTE

Vous? Jamais!

CHARLES, à voix basse.

De la Beine, Argine est l'image :

Je l'ai mise-avec les Anglais.

Eh bien !

ODETTE

CHARLES

Son aspect me présage Qu'un malheur va fondre sur moi.

Jouez.

ODETTE

CHARLES

Je n'ose plus.

Courage !

CHARLES

Pour vaincre il me faudrait un roi.

ODETTE

De votre peur l'Anglais se raille.

CHARLES, lui montrant sa carte qu'il ne voit que par derrière.

Je crains de regarder ; mais toi, Begarde.

ODETTE

Cliarlemagne !

ciiÀi'iLES, qui se lève triomphant.

A moi !

A moi ! j'ai gagné la bataille !

CHARLES

Loin de nous l'étranger !

Vieillards, séchez vos larmes D'Azincourt, par mes armes, Je viens de vous venger.

Victoire à nous ! victoire !

Couronnons notre gloire En chassant l'étranger !

ODETTE

11 voit fuir l'étranger; Si ce n'est qu'un mensonge , Heureux, du moins en songe Il a cru nous ve.iger.

Puisse une autre victoire Couvrir son front de gloire En chassant l'étranger !

Les Précédents, ISABELLE DE BAVIÈRE, Le DUC DE BEDFORT.

(Ils entrent et s'arrêtent au fond.) ISABELLE.

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