SCÈNE I
ODETTE
Sous leur sceptre de fer ils ont tout comprimé; * eurs armes ont fait fuir un peuple désarmé ,
Dont le sang coulait sans vengeance.
Dans ce palais , où veille le soupçon , Vas-tu, Roi prisonnier, recouvré ta raison
Que pour mieux sentir ta souffrance ?
Non, ton (ils brisera tes fers en t'embrassant; Tout esûprèl ; contre toi leurs fureurs seront vaines, Tant que mop cœur battra de l'amour qu'il ressent; Tant qu'un reste de sang Coulera dans mes veines.
Mais , hélas ! que m'ont révélé , Cette nuit, mes songes funèbres, Et que m'a dit dans les t,énèbres La voix sainte qui m'a parlé ?
Bile se courbe comme si elle entendait la parole de Dieu , et finit par tomber à genoux.)
"Humble fille des champs, ton heure vient; com- » L'œuvre qu'une autre accomplira ; ^mence » Sauve-le cet amant qui de l'indifférence » A l'oubli pour loi passera.
>< Cette destinée est la tienne:
» Mourir après l'avoir sauvé, a Sans laisser une tombe où ton nom soit gravé , » Un cœur qui de toi se souvienne. »
(Se relevant avec exaltation.) Eh bien, patrie, adieu !
Sur moi, pour que ta flamme Régénère mon âme ,
Descends , souffle de Dieu !
Ta volonté remplie, Dieu, frappe! et d'ici-bas , Viens, avant qu'il m'oublie, M'enlever dans tes bras.
(Apercevant Isabelle qui entre.) La Reine !