TOUS LES CHEVALIERS
Prisonnier !
RAYMOND
Dans leurs fers il attend sa sentence ; A Saint-Denis, demain, l'arrêt sera porté ; On y traîne le Roi , pour que sa voix proclame Que son fils par le Ciel du trône est rejeté ; Pour qu'à Pedfort ii donne l'oriflamme Avec la royauté.
LE CHOEUR
O noble France, Plus d'étendard pour te guider !
Plus de chef pour te commander !
Plus d'espérance !
ODETTE, qui se lève et s'avance vers les chevaliers. Il en est uneencor, Dieu m'in3pirc: courez Vers l'abbaye où la sainte bannière
Flotte sur la poussière
Des héros que vous révérez.
Mon père est le gardien de ces demeures sombres Où tant de morts fameux sont venus s'engloutir; Elles peuvent cacher des vivants dans leurs ombres, Et la victoire en peut sortir.
C'est elle Qui s'adresse à vous par ma voix, Et sur les cendres de vos rois L'oriflamme aussi vous appelle ; Partez , courez la conquérir : L'oriflamme à qui sait mourir & Pour elle !
LE CHOEUR
Partons, courons la conquérir; L'oriflamme à qui sait mourir Pour elle !
(Tous les chevaliers, l'épée à la main, sortent sur les pas d'Odette. )
Le théâtre change et représente l'intérieur de l'église Saint-Denis. Les trophées , les bannières de la croisade , les drapeaux ennemis pris dans les différentes guerres de la France sont suspendus aux piliers qui soutiennent la voûte. Au milieu de la salle , un portique élevé de quelques marches, et au bas des marches, de chaque côté les portes des caveaux de Saint- Denis ; çà et là , sur le devant du théâtre , plusieurs tombeaux. La longue suite de ces monuments va se perdre jusqu'au fond de l'édifice.