CHAUDES
* Cette scène a particulièrement subi des changements pour la représentation.
CHARLES VI
ODETTE
Aux mains dignes de la porter Je rends de mon pays la bannière immortelle. LE DAUPHIN.
Qui viendra me la disputer?
BEDFORT
A moi, braves Anglais !
LE DAUPHIN
France , à moi!
CHARLES
Sacrilèges , N'insultez pas aux divins privilèges De ces murs par vo;!s profanes Voyez se soulever les pierres sépulcrales, D'où sortent ces morts couronnés !
Tout ce peuple d'ombres royales, Qui par ma voix vous parle en m'enlourant , Vient de votre avenir dérouler les annales Aux derniers regards d'un mourant.
CHOEUR
Respect à ces ombres royales, A la voix sainte d'un mourant !
CHARLES
Redfort, Bedfort , je succombe , et toi-même Bientôt tu me suivras; je t'ouvre le chemin ,
Mais pour te traîner par la main
Au pied du tribunal siprême.
Prêtres, où portez-vous, sans pompe et sans llam-
Le cadavre de cette femme ? [beaux ,
Aupeupledont lesmainsla meltraienten lambeaux Cachez son corps : à Dieu cacherez-vous son âme? De la justice humaine on peut la préserver, En dérobant, la nuit, une tombe pour elle; La justice éternelle
Saura toujours l'y retrouver.
ISABELLE
Je tremble, et me soutiens à peine.
A-t-il prononcé mon arrêt?
LE CHOEUR
La Reine ! Il regardait la Reine ; Son œil vengeur la dévorait.
CHARLES
A l'assaut, chevaliers, suivez la noble fille Qui brise en les touchant c.isques et boucliers ! Leurs soldat* sous sescoups sont tombés par milliers,
Comme l'épi sous la faucille.
Des Heurs à pleines mains ' Chantez, jetez des fleurs. La couronne du sacre enfin sur l'autel brille.
Chantez... mais non versez des pleurs.
Celle vierge, file est désarmée;
Elle disparait à mes yeux Dans des torrents de flamme et de fumée...
Anges , pour elle ouvrez les cicux !
(Dans ce moment la clarté devient plus vive, et le soleil semble briller d'une splendeur nouvelle.) LE CHOEUR.
Quel jour pur l'environne De son éclat sacré , Et quel espoir rayonne Sur son front inspiré!
(On entend le canon retentir dans le lointain.) CHARLES.
France, réjouis-loi : de ta gloire prochaine Le premier signal est donné.
LE DAUPHIN
Deux partis sont aux mains.
BEDFORT
On combal dans la plaine; Sous ces murs le bronze a tonné.
CHAULES.
Oui , de Charles l'infortuné Il annonce les funérailles Et Pavénement glorieux, Qui doit à Reims couronner les batailles De Charles le victorieux !