‹ JudithChapitre 435 sur 547 · IF. COMTE · texte numérisé non relu

IF. COMTE

Quoi! mon oncle... cet autre... ce serait moi?

LE COMMANDEUR

Eh bien! oui, c'est toi! ingrat...

LE COMTE

Mt-i! est-il possible?

LE COMMANDEUR

Qu'as-tu?

le comte, lui sautant au cou.

Ah ! mon oncle ! tenez , \ous êtes le roi des oncles !

LE COMMANDEUR

Ah çà! mais est-ce que je suis dans une maison de fous?

LE COMTE

Imbécile que je suis de n'avoir pas vu tout cela! Mais c'est clair comme le jour, le diable m'emporte!... Kh bieu! voilà ce que c'est que d'être trop modeste!

LE COMMANDEUR

Mais enfin m'expliqueras-tu?...

LE COMTE

Voyons maintenant, mon oncle; écoutez-moi... car il n'y a pas de temps à perdre. M. de Saillant, comme vous le savez ou comme vous ne le savez pas, est une fort jolie lame. Si je ne vous revoyais

pas avant la chose... et peut-être même après

je vous recommande la comtesse, mon oncle, cette pauvre Louise... vous comprenez... elle n'aurait plus que vous, au moins.

LE COMMANDEUR

Allons donc! qu'est-ce que c'est que ces idéeslà?

LE COMTE

Eh! eh!...

LE LiiMMANDElH.

>"e reverras-tu pas la comtesse un instant?

LE COMTE

Vraiment, j'en ai grande envie, mais je ne sais pas si je dois le faire... Tenez, mon oncle, vous me connaissez, vous savez que j'ai eu dans ma vie dix rencontres pour une, et que.Dieu merci, je m'en suis toujours galamment tiré, à la Bastille près. Lh bien ! d'honneur! si je voyais la comtesse avec ses beaux yeux, avec son délicieux sourire {élonnement croissant du Commandeur), avec sa douce voix qui va droit au cœur, l'idée que tout cela est à moi et que dans deux heures peut-être j'aurais perdu tout cela, comme un sot, sans en avoir profité...je crois que je ne serais plus aussi maître de moi... vrai, cela me tournerait la tète.

le commandeur, au comble de la stupéfaction. Mais tu l'aimes donc aussi, toi?

LE COMTE

Eh!... oui, mon oncle.... je l'aime.

LE COMMANDEUR

Oh!

LE COMTE

C'est peut-être ridicule , mais c'est ainsi... et, d'honneur, je suis enchanté de me battre pour elle. Mais, pour que je me batte bien , il ne faut pas que je la revoie. Tenez, mon oncle, rendezmoi un service.

LE COMMANDEUR

Dispose de moi.

LE COMTE

Ayez la bonté dépasser chez Brichanteau, que j'ai fait prier de m'attendre... contez-lui la chose, dites-lui que j'ai ramassé hier au bal de l'Opéra une mauvaise querelle, que je me bats ce matin et que je le prie d'être mon second.

LE COMMANDEUR

Et toi?...

LE COMTE

Moi, j'attends le chevalier... j'ai quelque chose à lui dire à ce cher Valclos.

Très-bien! embrasse-moi, Caudale.

LE COMTE

Au revoir, mon oncle.

LE COMMANDEUR

Du calme, du sang-froid!

LE COMTE

Oh ! soyez tranquille.

LE COMMANDEUR

Au revoir!...

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