SCÈNE IX
Les Mêmes, LE COMTE.
la comtesse, dans ses bras.
Vous n'êtes pas blessé?
LE comte.
Non, Dieu merci!
LA COMTESSE
Que s'est-il passé? dites-moi!
LE COMTE
Laissez-moi vousregarder d'abord... C'est bien vous!... Oh ! que je suis heureux!
LE COMMANDEUR
Tu lui as donc donné un coup d'épée à ton fier à bras ?
LE COMTE
Ma foi, oui, mon oncle, au beau travers du corps... Je n'avais pas le temps de choisir la place, j'étais pressé.
Bien! et maintenant ce n'est plus cela, il faut songer à partir.
LA COMTESSE
A partir ! mon oncle ; et pourquoi ?
LE COMMANDEUR
Parce que sa majesté n'entend pas raison à l'endroit des duels, et que ton mari ne se sourie pas de retourner pour la troisième fois à la Bastille... N'est-repas, Candale?
LE COMTE
Non pas, mon oncle, et surtout dans ce moment-ci!
le chevalier, se rappelant.
0 mon Dieu !
LA COMTESSE
Mon oncle, je pars avec lui, je ne le quitte pas. Candale... (Se reprenant.) Monsieur, j'ai le droit de vous suivre, je suis votre femme.
LE COMTE
Oh ! partout, partout !
LE COMMANDEUR
Oui, partout, partout; c'est très-bien; mais, pour peu que tu le retiennes, c'est en prison que tu le suivras.
LA COMTESSE
0 mon Dieu! mon oncle, oui, à l'instant même Marton! Marton!
Vos gens vous rejoindront ; allez.
LA COMTESSE
C'est bien ! partons.
jasmin, entrant par le fond.
Monsieur le comte, l'hôtel est cerné par la connétablie.
LE COMMANDEUR
Ah ! tête bleue ! il est trop tard !
LE CHEVALIER
Allons ! c'est encore moi qui ait fait la sottise !
LE COMTE
Comment! toi?
LE CHEVALIER
Eh! mon Dieu! oui. Quand j'ai su que tu voulais te battre a ma place , tous les moyens m'ont paru bons pour t'en empêcher, et, ma foi, j'ai mis la connétablie à tes trousses.
LE COMTE
Va-t'en au diable !
LA COMTESSE
0 mon Dieu! mon Dieu! que faire?
JASMIN
Les voilà qui montent... faut-il barricader la porte?
Non! rien. Ouvrez, au contraire.
LE COMTE
Eh bien ! messieurs, quel est ce bruit, et que demandez-Yous ?
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