ACTE II, SCÈNE XII
t'engage, moi , ton protecteur... à oublier cette jeune fille... à la fuir.
Que me dis-tu la?
carlo, lentement.
Si tu la revois encore... si tu lui parles... si ta main touche seulement la sienne... tous les malheurs vont t'accabler.
RAFAËL
Cela m'est égal...
CARLO
Tu es perdu à jamais.
rafael, avec impatience.
Et pourquoi?
CARLO
Pourquoi ? Eh bien ! puisque je ne peux parvenir à t'efi'rayer, apprends donc , toi qui te disais bon Espagnol et bon catholique, et qui refusais de me livrer ton âme...
RAFAËL
Certainement, je refuserais encore...
CARLO
Apprends donc que, si tu te donnes à elle, ce sera exactement la même chose... car elle est de ma race... de ma famille.
RAFAËL, reculant effrayé.
Elle! ah! l'horreur!
CARLO, allant s'asseoir sur le fauteuil à droite. Te voilà prévenu...
RAFAËL
Elle!... une fille de l'enfer... cette simple et naïve ouvrière... à l'air si modeste... et ce matin encore... si belle et si timide sous ce costume de paysanne...
CARLO
C'est là ce qui t'arrête... Nous changeons de forme et de caractère à volonté. (Prenant la main de Rafaël, qui tremble.) Qu'as-tu donc?
RAFAËL
Ah ! lu dis vrai!
(En ce moment, et derrière Carlo, qui tourne le des à la porte à droite, parait la reine, s'appuyant sur le bras de Casilda , qui est vêtue magnifiquement.)
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