ACTE 11. SCENE XV
carlo, à part.
Il est perdu !
( A voix basse au roi.) Inspirez-moi, grands dieux! Et d'un forfait semblable S 'il avait le droit?
FERDINAND
Lui!...
CARLO
S'il était son mari ?
FERDINAND
Lui... lui !... son mari !
Faisant un geste aux gens qui dans ce moment entraînent Rafaël. )
( A part.) Un instant, messieurs... Son mari !
ENSEMBLE
FERDINAND, à part.
O ciel ! qu'entends-je? où suis-je?
Mais le ciel qui l'exige, Au silence m'oblige ; Epargnons son destin.
Oui, l'hymen qui l'engage Le sauve de ma rage, Ft fait taire l'orage Qui grondait dans mon sein.
FRAY ANTONIO et LE choeur, regardant Carlo. O surprise ! ô prodige !
Il commande!... il exige...
A sa voix, il dirige Ce puissant souverain.
Je comptais, dans ma rage, Sur son prochain naufrage ; Mais il parle !... et l'orage Se dissipe soudain I VARGAS.
O surprise ! ô prodige !
Ah ! j'en ai le vertige.
Comme il veut, il dirige Un puissant souverain !
Par un fâcheux présage, Je craignais un naufrage ; Mais il parle... et l'orage Se dissipe soudain.
RAFAËL
J'attendais ce prodige Auquel l'honneur l'oblige; Il doit, quand je l'exige, Veiller sur mon destin.
(A Vargas.)
Déjà, perdant courage, Tu craignais un naufrage ; Mais il parle... et l'orage Se dissipe soudain.
CARLO, regardant Rafaël.
A tromper, il m'oblige ; Mais son salut l'exige ; Que le ciel me dirige: Et me guide en chemin.
Pour détourner l'orage,
Hâtons ce mariage,
Sinon, tout me présage
Un naufrage certain.
CARLO, bas à Ferdinand.
Pour mieux calmer encor le trouble de votre ànie, Ordonnez qu'il s'éloigne à l'instant du palais .
FERDINAND
(A part.) Non !... Il emmènerait sa femme !
El ne plus la voir !... ah ! je ne pourrai jamais ! (Haut.)
Don Rafaël! approchez...
rafael, timidement.
Qui? moi, sire ' FERDINAND.
D'un instant de colère, oubliez le délire, Vous êtes libre !
RAFAËL, VARGAS, FRAY ANTONIO, avec étonne ment.
O ciel !
FERDINAND
J'annulle cet arrêt !
Je vous attache à ma personne !
RAFAËL, serrant la main de Carlo.
Merci !
FERDINAND
Je vous donne
Dans mes gardes le brevet
De colonel !...
RAFAËL, bas à Carlo.
Merci !...
VARGAS
J'en reste stupéfait !
A Rafaël.)
Et tout cela n'a rien qui vous étonne ?
RAFAËL
Je te l'avais bien dit : pourquoi me déranger ? (Montrant Carlo.)
C'est lui qui doit me protéger.
ENSEMBLE
FERDINAND
Doux espoir ! doux prestige !
Mon amour qui l'exige, De son époux m'oblige A parer le destin.
Amour, toi qui m'engages, Dissipe les nuages ; \ iens calmer les orages Qui grondent dans mon sein.
VARGAS
O surprise ! ô prodige !
Ah ! j'en ai le vertige !
Comme il veut, il dirige Un puissant souverain !
Par un fâcheux présage, Je craignais un naufrage;
LA TART DU DIABLE
LA PART DU DIABLE
Mai* il parle... et l'orage Se dissipe soudain !
rafael, à Vargas.
J'attendais ce prodige Auquel l'honneur l'oblige, etc.
CHOEUR Dt:s INQUISITEURS.
O surprise! ô prodige !
Il commande, il exige ; \ sa voix, il dirige, etc.
CARLO, regardant Rafaël.
A tromper, il m'oblige; Mais son salut l'exige, Que le ciel, etc.
(Ferdinand, appuyé sur le bras de Carlo, rentre dans son cabinet à gauche. Rafaël, suivi de Vargas, passe au milieu des inquisiteurs, qui s'inclinent devant lui: Rafaël le montre à Vargas d'un air de triomphe, et sort par la porte du fond.)
(La toile tombe.)