SCÈNE II
CARLO, LA REINE, suivie de deux dames d'honneur qui lui approchent un feuteuil et se retirent par
la porte 5 droite.
CARLO
Moi qui accusais le relard de Votre Majesté ! LA REINE, assise.
El cependant, à peine ai-je reçu à Aranjucz le courrier que tu m'avais expédié... que je suis repartie sur-le-champ... car il s'agissait, disais-tu, de mon bonheur !... il s'agit donc du roi?
CAULO.
Oui, madame.
LA REINE
Pourquoi, avant mon départ, n'as-tu pas voulu me confler le secret que tu avais découvert ? la cause de ses tourmens?...
CARLO
Je n'étais pas encore assez sûr des détails., maintenant .. je les possède presque tous... et cependant... je supplie Voire Majesté de ne pas me les demander... Elle les connaîtra si je réussis... et si je succombe... moi seul me serai exposé à une colère bien redoutable!
LA REINE
Je sais tout; on veut engager le roi à se séparer de moi... On a parlé de divorce et d'une alliance avec une princesse de Sardaigne.
CARLO
Ah ! ce n'est pas possible !
LA reine, vivement.
On dit même que Fray Antonio, l'inquisiteur, reçoit, dans ce but, de l'argent de la cour de Turin, avec laquelle il est en correspondance secrète par l'entremise d'un nommé Gil Vargas, huissier du palais et l'un de ses agens...
CARLO
Je le connais.