SCÈNE IV
Le COMTE, OTTO.
OTTO
Le capitaine ne peut tarder à venir.
LE COMTE, avec une intention marquée.
Chevalier, êtes-vous mon ami?
OTTO
Cher comte, celle question...
LE COMTE, résolument.
C'est bien ; vous, l'êtes, je le crois. Maintenant, voici comment je comprends, moi, les devoirs auxquels ce tilre engage : si je savais une chose qui intéressai le repos de celui qui est mon ami,
et que mon ami l'ignorât, je me croirais obligé de lui dire toute la vérité, quelque cruelle qu'elle fût.
OTTO, se donnant de l'assurance.
Parbleu! c'est tout à fait mon système. LE COMTE, lentement, avec un regard profond. Chevalier, n'avez- vous rien à me dire?
OTTO, un peu embarrassé.
Comte, si vous le prenez sur ce Ion... je me vois obligé de vous dire que le prince de Valdeck pourrait bien vous enlever Mme de Rosenthal.
LE COMTE
I! ne s'agil pas de Mmc de Rosenthal, mais de ce capitaine hanovrien.
OTTO
Ah ! ce cher Wilhem de Neustadt !
LE COMTE
Avant qu'il s'éloigne, promettez-moi que jamais, pour quelque cause que ce soit, je n'aurai à regretter de l'avoir laissé partir.
OTTO, à part.
Diable!
LE COMTE
Songez que vous êtes mon ami , et répondezmoi.
Otto, se remettant de son trouble.
Eh bien ! comte, apprenez que vous pourriez bien, celle nuil même, avoir à regretter le départ du capitaine, car c'est un excellent valseur, et toutes vos dames ne manqueraient pas d'en raffoler.
LE COMTE
Esl-ce le regret que je dois avoir?... Songez que je me fie à voire parole.
OTTO
Je vous donne ma parole qu'il valse à ravir: voilà tout ce que je sais.
LE COMTE, à part.
Ce départ doit il me rassurer?
OTTO
Eh ! le voilà qui vient vous faire ses adieux.
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