SCENE IV
LES MÊMES, ZELPHA, ensuite JUDITH, des Femmes du peuple et des Mendians viennent à la ville et descendent de la montagne.
ZELPHA.
C'est l'heure de l'aumône, et Judilh va venir. (Judith paraît sur la terrasse.)
LE VIELLARD, à sa fille.
Vois celte femme en deuil passer sur la terrasse. Faut-il que dans les pleurs tant de beauté s'efface !
ZELPHA.
Elle vient saluer le lever du soleil.
JUDITH, du haut de la terrasse.
O terre de Jacob, triste et honteux réveil! Chaque jour de tes maux je souffre la première, Et dès l'aube mes yeux maudissent la lumière, En voyant sur ce mont, dans la brume endormi, Flotter insolemment l'étendard ennemi ! Ah! mon cœur indigné se brise à cette vue... Mais courage, Israël ! enfin l'heure est venue ! (Elle descend l'escalier de la terrasse.) LE VIEILLARD.
C'est elle! la voilà ! que ses regards sont doux !
L'ISRAÉLITE, à Zelpha.
Quoi! Judith porte encor le deuil de son époux?
ZELPHA.
Depuis plus de trois ans, nuit et jour elle pleure.
O pauvres d'Israël, entrez dans ma demeure; On vous attend toujours dans ce triste palais : Tous mes biens sont à \ ous comme à moi: prenez-les; Mon cœur reconnaissant vous les offre avec joie : C'est pour les partager que Dieu me les envoie. Ah! puissé-je long-temps vous les donner ainsi !
(Elle aperçoit l'Israélite et l'enfant.
C'est la première fois que je vous vois ici. Cher enfant, que de maux éprouvent ta jeune âme !
L'ISRAÉLITE
C'est mon fils. Par pitié, bénissez-le, madame.
Vos vertus près de Dieu sont des droits infinis :
Dieu sauve les enfans que vous avez bénis.
(Judith embrasse l'enfant et le bénit. L'Israélite et les autres mendians, conduits par les serviteurs de Judith, entrent dans sa maison.)
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