ACTE Y, SCENE YIIT
LE COMTE, reprenant des mains du duc la requête qu'il froisse avec colère lorsqu'il cesse de parler. Prince, quel contentement trouverai-je à croire à votre serment, lorsqu'une souillure n'en reste pas moins imprimée à mon nom ? Quelle que soit la coupable, Altesse, il y a dans ma maison une femme déshonorée!
le ouc.
Comte, il n'y a ici que la comtesse d'Altenberg et la duchesse électorale de Saxe!
(Il désigne Marie.) LA COMTESSE, jetant un cri.
Ah!
MARIE
Mon Dieu !
LE DUC, rapidement.
Nous avons reconquis nos états sans l'assistance du Hanovre, nous sommes quitte envers cet allié de toute obligation. (A la comtesse, lentement.) Madame je vous demande la main de votre fille... LA COMTESSE.
Duc, soyez béni.
LE COMTE, regardant sa femme.
Innocente!... Ah!...
(Il se voile le visage avec ses mains.) OTTO, bas au comte.
Le prince de Valdeck a quitté Dresde; Mme de Rosenthal est partie avec lui.
LE COMTE
Ah ! ne me rappelez jamais mon crime... ma vie entière ne suffira pas pour l'expier.
LE DUC, aux officiers de sa suite, restés au fond, en dehors.
A Dresde, messieurs ! (La comtesse, prenant sa fille à sa droite, fait quelques pas vers le duc, qui se retourne pour regarder Marie encore une fois.) Marie, à bientôt. *
LE COMTE, s'approchant de sa femme.
Vous qui êtes un ange, pardonnerez-vous ?
LA COMTESSE
J'oublie! (Elle lui tend la main.)
"Position : le Comte, la Comtesse, le Duc, Marie. — Otto, au fond.
FIN DE LA COMTESSE D'ALTENBERG
Paris. — Imprimerie de Boulé et O, rue Coq-Héron, 3.
XOTE POUR IiES ROL˧.
LE COMTE. — Fort premier rôle. — Rhingrave de velours noir avec agrémens de soie noire. — Un crachat. — Culotte grise, foncée; bottes molles, non vernies. — Au quatrième acte, costume de bal très brillant.
LE DUC. — Jeune premier. — Costume militaire fort simple. Redingote verte avec boutonnières en galon d'or bordant toute la longueur; revers amaranthe; ceinture de buffle. — Culotte blanche; bottes. — Tour la dernière entrée, un grand cordon rouge par dessus l'habit. Un crachat.
OTTO.— Premier amoureux.— Costume de velours très élégant. — Aux troisième et au cinquième acte, l'habit de cheval, des bottes.
LE PRISONNIER. — Justaucorps long et haut-de-chausses en drap brun , ceinture de buffle. — Barbe moyenne et grisonnante. — La distribution de ce rôle est laissée à la convenance du directeur. — Il est recommandé à l'acteur qui jouera cette scène de la dire avec la plus grande simplicité.
JOHANN. — Costume tout noir.
LE SÉNÉCHAL. — Costume tout noir.
LA COMTESSE. — Premier rôle. — Robe de velours noir, ouverte et garnie de dentelles — Sous-jupe en moire noire. — Au quatrième acte, une robe de bal en soie blanche. — Un domino de salin noir ouvert et bien large, pour que l'actrice puisse le laisser tomber ù l'entrée du comte.
MARIE. — Jeune première. — Robe de crêpe blanc. Corsage à la Louis XV, décolleté, garni de rubans blancs froncés à la vieille, en amoindrissant jusqu'à la pointe. Manches, plates descendant jusqu'au coude, avec de larges revers ornés de ruban froncé, pareil à celui du corsage. — Cheveux relevés, roulés sur le haut du front et retombant en boucles sur les côtés. — Au sommet de la tête un ruban bleu flottant. — Au milieu du corsage un bouquet de fleurs des champs. — L'ôter pour le cinquième acte.
LA MARGRAVE. — Première duègne , mère noble. — Robe de velours foncée , ouverte. — Cheveux roulés blancs. — Coiffure de dentelle noire.
Mon chek Éditeur,
Je ne fais ordinairement de préface qu'à celles de mes pièces qui tombent; c'est une habitude que nous avons prise, nous autres auteurs dramatiques, pour faire croire que nos pièces ont réussi. Je vous révèle ici les secrets du métier; mais comne cette leitre est pour vous seul, je n'v vois pas d'inconvénient.
Or, comme la comédie des Demoiselles de Saint-Cyr a réussi, ne vous attendez à aucune préface; ce sera pour ma première chute, je vous le promets.
Cependant vous ne perdrez pas tout, et au lieu d'une préface vous aurez une postface. Cette postface sera , si vous le voulez bien, ma réponse à la lettre du spirituel critique du Journal des Débats.
Je n'ai qu'un regret, c'est de ne pas vous donner cette lettre inédite : il est vrai qu'elle n'a été insérée que dans la Presse , ce qui lui donne à peu près le mérite de la nouveauté.
Sur ce, mon cher Éditeur, je prie Dieu qu'il vous prenne, vous et les Demoiselles de Saint-Cyr, dans sa sainte et digne garde.
Alexandre DUMAS.