Judith et Esther, mois de Marie du XIXe siècle
Cher petit livre, enfant de ma vieillesse, quitte la maison de ton père et va par le monde aecomplir la commission qui t'est donnée. Devant tes yeux je vais mettre ce qui t'arrivera ; et, sur tes lèvres, ce que tu diras dans ta pérégrination.
Beaucoup te laisseront passer sans te regarder.
Beaucoup détourneront la tète pour uc pas te voir.
Beaucoup hausseront les épaules en te voyant.
Plusieurs diront du mal de toi.
Deux choses te consoleront : la pensée que lu accomplis un devoir, et la ffenconlrc
Il AVA>'T-l'ROl>OS.
plus ou uioins fréquente d'âines de bonne volonté, qui consentiront à t'écouter et mémo à lier conversation avec Loi.
Si elles te demandent qui tu es, tu leur (liras : « Je suis un commis-voyageur de la Reine du ciel et de la terre ; je voyage sous sa protection et pour son compte. Afin de parler d'elle, je parcours les villes et les villages. Mon but est de rendre à tous ceux (|ui daigneront me croire, l'immense service de montrer le seul asile, où ils puissent désormais, où nous puissions tous, chères brebis du bon Dieu, échapper aux dents des loups aflamés qui, à l'heure même, rôdent par milliers autour de nous pour nous dévorer. »
si elles ajoutent : (Juel est cet asile ? Tu leur répondras : u C'est la sainte Vierge. »
Elles reprendront : « Bien d'autres avant lui n(nis l'ont dit. Tu n'as rien à nous ap-
AYANT-rROPOS. HI
preiuliv : passe ton chemin. » — Avant de continuer ta course, tu diras humblement : « 11 est vrai, surtout depuis quelques années, beaucoup ont parlé de Marie. Mais, vous savez le mot : De Marie jamais assez, lie Maria nnuquam satis. D'une mère chérie on ne parle jamais ni assez ni trop à des enfants bien nés. Il est vrai encore, ceux qui m'ont précédé ont exposé magnifl(iuement les grandeurs de Marie, ses gloires et ses mystères. Avec une éloquence qui ne m'est pas donnée, ils ont célébré sa puissance et ses bienfaits. A tous les âges et à toutes les conditions, ils l'ont présentée comme le modèle accompli de la vertu, la consolatrice des affligés, le refuge des pécheurs, l'espérance même des désespérés.
Ce qu'ils ont dit est bien dit ; je n'ai rien à ajouter. »
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Cette répon>c amènera sur leurs lèvres la question suivante : Qu'as- tu donc à dire ? « Ce que j'ai à dire, le voici : Les temps sont périlleux, Irès-périlleux. Du cùté des quatre