‹ Judith et Esther, mois de Marie du XIXe siècleChapitre 28 sur 72 · MO HT DE JUDITH · texte numérisé non relu

MO HT DE JUDITH

du Seigneur, sur la vie et sur la mort de tout ce qui existe. Aux sacrifices succédèrent les acclamations du peuple et les supplications les plus ardentes. Elles furent suivies des promesses solennelles d'une inviolable lidélité.

Judith elle-même était venue à Jérusalem. Tout le peuple la dévora des yeux lorsqu'on la vit, rayonnante de beauté et de modestie, s'avancer vers le parvis du temple, appelé le Parvis d'Israël. Sur de magnifiques brancards étaient portés, à sa suite, toutes les armes et toutes les dépouilles d'Holoferne, dont les habitants deBéthulie lui avaient fait hommage, ainsi que le pavillon de son lit, qu'elle-même avait emporté. Par la main des |)rètres, Judith offrit tous ces objets au Seigneur, en anathème de l'oubli, in anathema ohlivionis. Cette expression signifie que ces trophées'devaient rester dansle temple, comme un monument éternel de la victoire de Judith, et comme une malédiction ou un anathème contre Israël, si jamais il venait à ou-

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blier la protection miraculeuse dont le Seigneur l'avait favorisé.

Tout le peuple était ivre de joie, non-seulement à cause du spectacle dont il était témoin, mais encore parce que ce spectacle avait lieu à Jérusalem . Voir Jérusalem, la ville sainte, voir le temple du Seigneur, unique au monde et la merveille de l'univers, voir les majestueux appareils des cérémonies sacrées, voir les représentants des douze tribus d'Israël, tous enfants d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, réunis par l'unité de la foi et la fraternité des sentiments, était, on le sait, l'ardent désir de tous les membres de la nation choisie. Tel fut, dans cette circonstance, l'enivrement de leur joie, que, pour célébrer la victoire de Judith, cause de leur bonheur, les réjouissances durèrent trois mois.

Ces jours écoulés, chacun retourna dans su maison. Judith devint célèbre dans Bc-

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thulie et la personne la plus considérée de tout Israël. Sa chasteté égalait son courage. Depuis la mort de Manassé, son mari, elle vécut dans une parfaite continence. Aussi, lorsque dans les jours de fête elle paraissait en public, c'était toujours au milieu des respects et des acclamations de tout le peuple. Avant de mourir, elle donna la liberté à la courageuse suivante qui l'avait accompagnée dans le camp d'Holoferne. N'ayant pas d'enfants, elle partagea sa grande fortune entre ses parents et les parents de son mari.

Comblée de gloire et de mérites, elle parvint jusqu'à l'âge de cent cinq ans, et alla recevoir la récompense d'une vie tout entière consacrée à l'édification et à la délivrance de la nation sainte. Elle fut enterrée à Béthulie, dans le tombeau de son mari. El le peuple la pleura pendant sept jours, terme ordinaire du grand deuil chez les Hébreux. Tant qu'elle vécut et longtemps après sa mort, il ne se trouva personne qui osât troubler Israël. Le

jour de sa victoire sur Holoferne fut mis par les Juifs au rang des saints jours ; et depuis ce temps-là jusqu'aujourd'hui il est honoré comme un jour de fête.

VU

Les Pères de l'Église tiennent Judith pour une sainte. Seulement son nom ne se trouve pas dans le Martyrologe, parce qu'on ignore le jour de sa mort. Toutefois, l'Église d'Ethiopie célèbre la fête de Judith, le quatrième jour du sixième mois : dans l'Église latine son souvenir est immortel. Une multitude de vierges chrétiennes, d'épouses, de mères, de reines et d'impératrices ont été et sont heureuses de porter un nom qui est celui de la grâce, du courage et des plus hautes vertus.

Réflexion. — Judith consacre à Dieu tout le fruit de sa victoire sur Holoferne. Arrivée à la fin de sa vie, elle se dépouille de ses biens, en faveur de ceux qui lui sont unis par les liens du sang. Elle donne la liberté à sa suivante, et, pleine de jours, elle s'endort doucement dans le Seignour. Pas une de

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