A VA NT- PROPOS. V
(lu riel et la faire invoquer, non plus seulement comme une bienfaitrice particulière; mais comme l'unique secours, l'unique refuge, l'unique salut des nations du dixneuvième siècle, envahies par l'esprit du mal, et, par lui, entraînées à travers des crimes sans nom et des révolutions de plus en plus profondes, à leur ruine totale, le socialisme et la sauvagerie. »
A ce langage, ceux qui daigneront t'écouter, s'écrieront : La tâche est difficile ! Tu t'empresseras de répondre : «Je lésais. » Puis, en toute humilité, c'est-à-dire en toute vérité, tu ajouteras : « Cette tâche est mille l'ois au-dessus de mes forces ; mais, pour l'accomplir, j'ai un puissant auxiliaire. »
— Quel est-il ?
(( C'est le dix-neuvième siècle lui-même. »
— Voici qui est nouveau.
« Nouveau, si vous voulez, mais vrai. »
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Tu les prieras de le prêter un instant d'aflention et tu expliqueras ainsi ta pensée : « Comme dans tout homme il y a deux hommes, le bon et le mauvais ; il y a deux dix-neuvièmes siècles, le bon et le mauvais. Le mauvais est un coupable endurci, qui boit le crime, comme nous buvons un verre d'eau ; un fou furieux qui n'entend plus raison : avec lui il n'y a rien à faire. Autre est le bon. Il craint le mal et les conséquences du mal, parce qu'il a la conscience du bien et des lois de la justice éternelle. Il voit la vérité, parce qu'il a le cœur pur. A ses yeux la vérité est que le mauvais dixneuvième siècle marche rapidement vers l'abîme; qu'il y marche, parce qu'il tourne le dos à Marie, à Jésus- Christ et h Dieu ; et que le seul moyen de n'y être pas entraîné avec lui, c'est de s'attacher, plus fortement qu'on ne le fit jamais, à Marie, fi Jésus-Christ, à Dion. ))
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— Poui'quoi noinnies-tu Marie en première ligne ? <( Je nomme Marie en première ligne, parce qu'elle est le premier degré de l'échelle qui conduit à Dieu ; parce que Dieu u voulu que tous les biens, particuliers et publics, nous vinssent par Marie ; parce qu'elle a pour mission spéciale et éternelle d'écraser la tète du serpent ; par conséquent la dernière victoire, la plus éclatante de toutes, lui est réservée comme la première. »
— Comment sais-tu que le bon dix- neuvième siècle comprend cela ?
<( Vous-mêmes comment ne le savez-vous pas ? 11 suffit d'ouvrir les yeux pour le voir : Regardez. »
« Depuis quarante ans, un instinct mystérieux, irrésistible, pousse le bon dix-neuvième siècle vers Marie. Le lait est visible comme le jour. Pour honorer la puissante Reine de l'univers, ])Our obtenir sa protec-
YIII AYANT-PROPOS.
lion, et, s'il m'est permis de le dire, pour la populariser, le bon dix-neuvième siècle a fait plus, pendant la première moitié de sa vie, qut' plusieurs siècles antérieurs pendant toute la durée de leur existence : quelques faits seulement, inconnus jusqu'à lui.
« Le J/o/s (le Marie, célébré aujourd'hui dans les cinq parties du monde ; non-seulement dans les villes, mais dans les plus humbles villages.
(( 'La M cdni lie miraculeuse , suspendue sur des millions et des millions de poitrines, dans tous les lieux qu'éclaire le soleil.
« Le Bosaire vivant, immense concert d'invocations, nuit et jour, retentissant au cœur de Marie, partout où il y a des catholiques, et il y en a partout.
« Les grands Pèlerinages aux sanctuaires les plus vénérés de Marie : Boulogne, Chartres, Einsideln, Verdelais, l'Hosier, Rocamadour, repris avec un éclat jusqu'ici sans exemple.
«Des Statues sans noniùre, érigées au pied des montagnes, sur le bord des chemins, à l'entrée des villages, et devant lesquelle>
AVANT-PROPOS. l>^
Marie est invoquée des milliers de l'ois dans un jour.
(( V Archiconfrérie de Nofre-Donw rks Viffoires pour la conversion des pécheurs : véritable arbre de vie dont le fruit a ressuscité des milliers de morts, dans l'ancien et le nouveau monde.
(( U Association de Notre - Dame du Sacré- Cœur, qui honore Marie comme la maîtresse absolue du cœur de son divin Fils et comme l'avocate des causes désespérées : manifestation nouvelle de confiance illimitée, hier encore inconnue, et aujourd'hui célèbre dans toute l'Europe.
« Une foule d'ouvrages d'histoire, d'érudition et d'éloquence, auxquels il faut ajouter plus de riiujiiaufe mois de Marie, consacrés à exploiter la mine inépuisable de beauté, de bonté, de puissance, qu'on appelle Marie.
« Les apparitions célèbres de Rimini, de Lourdes et de la Salette, par lesquelles le ciel encourage si vivement le bon dix-neuvième siècle, dans sa dévotion envers l'auguste Vierge.
a Enfin, comme couronnement de toutes