‹ Judith et Esther, mois de Marie du XIXe siècleChapitre 38 sur 72 · XIX' JOUR · texte numérisé non relu

XIX' JOUR

Aman.

A la cour d'Assuorus était un personnage, ambitieux, intrigant, vindicatif, avide d'honneurs et de richesses, comme il s'en trouve toujours dans les palais des rois. Ce personnage s'appelait Aman. Il était Amalécitc de nation et de la race d'Agag. Les Amalécites étaient un peuple, voisin delà Judée, descendant d'Ésaii par Amalec, son petit-fds, et toujours acharné contre les Israélites. Dieu ordonna à Saiil de les exterminer. Ce roi leur déclara la gucrre'et les défit ; mais, contre la défense de Dieu, il épargna Agag leur roi. Cette désobéissance lui lit perdre sa couronne, que Dieu donna à David. Toutefois, Agag n'échappa point à la peine de mort prononcée contre lui. Par ordre du Seigneur, il la subit des mains de Samuel, dans la plaine de Galgala.

118 DIX-NEUVIEME JOUTx.

Les deux chambellans conspirateufs n'avaient fait, avant de mourir, aucune révélation de nature à compromettre Aman, leur complice. Exposé comme le sont tous les rois à être trompés, Assuérus donna sa confiance à un homme qui en était si peu digne. 11 fit d'Aman son premier ministre et l'éleva au-dessus de tous les princes de sa cour. A l'exemple du terrible Nabuchodonosor, les monarques babyloniens se regardaientcomme des dieux et exigeaient qu'on leur rendit des honneurs divins. Ils allaient plus loin. Dans leur orgueil, ils s'arrogeaient le droit de faire de leurs ministres des dieux de second ordre, et commandaient qu'on les adorât en fléchissant le genou devant eux. Le décret qui élevait Aman à la première dignité de l'empire, enjoignait à tout le monde de l'adorer.

Les trois enfants jetés dans la fournaise, pour n'avoir pas voulu adorer la statue de

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