TRENTIÈME JOUR
fils d'Aman ne partageaient pas la haine homicide de leur père? Ensuite la loi, qui leur fut appliquée était la loi des Perses. Nous le voyons dans la vie de Daniel. Nonseulement SCS délateurs, mais leurs femmes et leurs enfants furent précipités, par ordre de Darius, dans la fosse aux lions, et périrent sous la dent de ces terribles animaux.
Enfin, cette loi est une application de la grande loi de la solidarité, promulguée et exécutée par Dieu lui-même, lorsqu'il dit : Je visiterai l'iniquité des pères jusqu'à la troisième et quatrième génération, comme je récompenserai leurs vertus jusqu'à mille générations. (Juelle haute moralité dans une pareille loi ! Quel- frein pour le père, tenté de pécher, que la crainte de vouer ses enfants au malheur ! Ouel encouragement pour le père vertueux, que ces longues bénédictions dont seront favorisés, à cause de lui, ses enfants et arrière-petits-enfants.
Inoocatiom. — Epargnez, Seigneur, épargnez votre peui)lc : ne soyez pas toujours irrité contre noub.
EXECUTION DE LEDIT. a03
0 Marie, secours des chrétiens, priez pour rOcéanie.
Pratique. — Prendre le scapuloire de l'Jinmaculéc-Conceptioa.
XXXV JOUll.
Grandeur de Mardochée.
Assuérus fut magnitiquement récompensé d'avoir fait régner la justice dans son royaume. Il n'en pouvait être autrement, et il en sera toujours ainsi. Car c'est une loi divine quela justice élève les nations etquelepéché rend les peuples malheureux : Justitia élevât gentem, miseros autem faciet populos peccatum{\). Jouissant d'une paix profonde, l'empire des Perses put étendre ses conquêtes, en sorte qu'Assuérus rendit tributaires de vastes régions et toutes les îles de la mer. Les annales des Perses et des Mèdes racontent sa puissance et le haut point de grandeur auquel il avait élevé Mardochée.
(1) fm'., Mv, .34.
GRANDEUR DE MAHDOCn-ÉF, 20 5
Elles rapportent aussi do quelle manière Mardochée, Juif de nation, devint la seconde personne dans l'empire du roi Assuérus; comme il fut grand parmi les Juifs et aimé de tous ses frères , ne cherchant qu'à faire du bien à sa nation et ne parl^uit que pour le bonheur du peuple. IluniJjle connue tous les saints, Mardochée ne s'attribuait rien ;\ lui-même. A Dieu seul il rapportait la gloire do tout ce qui s'était accompli. Au faîte de la grandeur, il aimait à rappeler le songe qu'il avait eu et dans lequel, sans aucun mérite de sa part, le Dieu de ses pères lui avait montré sa glorieuse destinée.
Aux admirations dont il était l'objet, aux félicitations qu'il recevait de toutes paris, le grand homme répondait : « C'est Dieu qui a fait toutes ces choses : A Deo facta simt isfa. En voici la preuve : La seconde année du règne
206 TRENTE-UNIÈME .TOl'R.
du très-grand roi Assuérus, une année avant son couronnement et le renvoi de la reine Vaslhi, le premier jour du mois de Psisan , moi Mardochée, fils des captifs que Nabuchodonosor , roi de Babylone , avait transférés de Jérusalem, avec Jéchonias, roi de Juda , j'eus la vision suivante, qui marquait tout ce qui est arrivé et dont rien n'a n^anqué de s'accomplir.
« J'entendis des voix, de grands bruits et des tonnerres, et la terre tremblait, et l'épouvante s'étendait au loin, »
C'était le signe des troubles, des bouleversements et des douleurs que devait causer dans l'empire l'édit d'Assuérus, qui condamnait à l'extermination plusieurs centaines de mille Juifs avec leurs femmes, leurs enfants et leurs serviteurs.
« Et voici deux grands dragons prêts à combattre l'un contre l'autre : c'étaient Aman et moi. A leurs cris, les peuples des différentes provinces de l'empire s'émurent