SCENE XI
les mêmes, MERINOS, portant te sac.
mérinos, de la porte. Thèrésina!
thèrésina, poussant un cri. Ah !
mérinos. Dort-il, l'odieux Hoïopherne?
thèrésina, vivement. Non... non... il ne dort pas... N'estce pas, monseigneur, que vous ne dormez pas?
le comte, à part. Que signifie?...
mérinos, passant près du comte. Il dort comme un décédé qu'il est déjà, le réprouvé... alors voici l'affaire. (// tire un énorme coutelas du sac.)
thèrésina, à part, tristement. Le ciel ne veut donc pas le sauver!
mérinos. C'est bien simple., .c'est moi qui lui ai donné le fil.
le comte, à part, riant. Diantre! c'était plus sérieux que je ne le croyais.
mérinos. Prenez et frappez fort !
thèrésina. liens ! puisque vous êtes là, pourquoi ne frappez vous pas vous-même?
mérinos. Moi!., cette bêtise... Est-ce que je suis une Judith? Je ne suis ici que votre serviteur, comme qui dirait votre servante... enfin , historiquement parlant, je suis là pour emporter la tête d'Holopherne quand elle sera dans le sac... Prenez et coupez-moi ça bien proprement.
le comte. Le lâche!., vouloir forcer cette jeune fille...
mérinos. Allez doue... Quelle mauvaise grâce vous mettez à la chose! Ecrme ! je vais préparer le sac.
le comte, à 'part. Si j'étais endormi, cependant !
thérésina. Mon Dieu ! comment donc faire ?
mérinos. Courage ! (Il passe cl gauche du comte et prépare le sac.)
thérésina, après avoir regardé le comte. Non, jamais! (En se retournant elle se trouve vis-à-vis le comte qui
s'est levé et s'est rapproché ; elle pousse un cri perçant
et tombe évanouie dans ses bras.)
mérinos. Tout est perdu!
le comte. Misérable!
mérinos. Monsieur, ce n'est qu'une facétie, une pure et simple facétie pour vous distraire.
le comte. Sortez, monsieur, sortez à l'instant. ( Il la pose sur un fauteuil.)
mérinos, à part. Emportons les pistolets. (Il sort.)
le comte. Elle s'évanouit... Ah ! mon Dieu, je l'ai trop effrayée. Thérésina!...