ACTE 1, SCÈNE II
ADA
On ne peut se passer toujours de la voix, du souffle, des lèvres.
Plus simplement, ce. cet Athanaël a su te consoler ! | ADA.
» La L L) , L
Oh!je n'aimais plus Melchias! Je ne l'ai pas 1 ne
laissé pour un autre homme. Non, non, mon E ° ,
. amour avait fini!
; JUDITH, ironique.
Qu'est-ce que la fin d’un souvenir ? Ta douleur s’est envolée tout à coup?
Non pas ! Sans doute ai-je pleuré quand déjà je ne souffrais plus. Mais, un matin, le soleil a touché ma gorge, et, moi, j'ai abaissé ma chemise pour m'offrir à son rayon.
; re
; | | | ADA
“ JUDITH, surprise.
Eh bien ?
7 ADA, surprise aussi.
C'était la première fois que mon corps sentait.
aimait quelque chose depuis... depuis Melchias ! J'ai rougi comme s’il m'avait vue!
JUDITH : ne
Ah ! oui, oui... tu avais l'impression de ur sa mémoire ?
ADA, pensivement.
Je l'ai bien compris, ce sont les vivants qui donnent la mort. Moi, j'ai laissé mourir mon amant. Oui, je l’ai sacrifié. Et dans quelles délices ! Je retrouvais toutes les choses. J'étais molle, de l'odeur des orangers... Ah ! le peu qu'est l'amour ! | . JUDITH.
Tu penses cela? Non, non, tu tetrompes!
(Un silence.) ADA.
J'aurais voulu retenir mon désespoir. Ne souffre pas qui veut. J'étais ivre... gonflée de... de.
De désir?
ADA
Oui... 4 JUDITH.
Tu désirais un autre amour ?
ADA
Non...
JUDITH, Un autre homme ? | | à
1 ACTE 1, SGÈNE II 35
ADA, vivement.
Non !
Mais quoi ?
ADA
Je désirais…
(Un long silence. Judilh reprend sa marche par la pièce. La servante la suit des à HrEt furtivement.)
Ada, chacun doit ignorer ce que j'ai surpris. ton forfait. ce... cet homme sous mon toit! Tu comprends ?
ADA, frémissante.
Oui, maîtresse.
Et plus jamais, jamais, tu ne céderas à sa prière !
ADA
de Ro ET pt ds ans 2, bd
Si je vous désobéis, que mon cadavre nourrisse les chacals !
Je te fais grâce du châtiment.
ADA, qui baise le bas de la robe de Judith.
Je vous bénis, ma bonne maîtresse! La fille | souillée bénit Yaoudith, pure entre les pures.
Je pense que tu as répondu avec sincérité...
et j'ai pris en compassion ton triste sort.
ADA
J'ai laissé parler mon âme, grande Yaoudith! C'est vrai? Je n’irai pas au supplice ?... (Judith secoue la tête distrailement.) Bénie soit votre bonté... Bénis vos jours!
JUDITH, le regard perdu.
De jours à vivre, combien m'en reste-t-il ?
ADA, dont le front ne cesse de frapper le sol.
Je prierai ! Je prierai et je me punirai. Je jeû-
nerai et je travaillerai double jusqu'à chanceler de fatigue, comme le mulet de la ferme! Et je tirerai le sang de cette chair maudite. Autant de baisers, autant de blessures !
JUDITH, qui n'a prétlé aucune attention à ce repentir, vient s'asseoir sur le banc, près d'Ada accroupie.
Tu as toujours détesté ton mari?
ADA
Maîtresse, Je n'ai pas dit cela! Pardon!
Au début de notre mariage, je me reprochais . ainsi qu'un crime mon... ma répugnance pour.
Joram.
A ed A7 TL