SCÈNE II
LEs MÊMES, RAYMOND « LES DRAGons.
De derrière les broussailles de gauche, les têtes des dragons, qui se tenaient là en embuscade, se dressent toutes à la fois et on entend leurs rires de triomphe,
RAYMOND, sortant de derrière une broussaille de tamarins, le bras tendu : R et l’épée haute.
Au nom du roi!
Mouvement général des protestants pour fuir vers la droite avec des cris.
LE SOU S-OFFICIER FRANÇOIS, apparaissant aussi, aux dragons qui
le suivent,
Feu sur les fuyards! Allons, feu!
Coups de feu. Quelques-uns des protestents s'affaissent sur le sable, entre autres le petit Jean, qui tombe frappé à la poitrine,
LE SOUS-OFFICIER FRANÇOIS, aux dragons qui s’avancent derrière lui, portant des chaînes.
Allons, les chaînes! Entourez-les, cernez-les! Les protestants qui n’ont pas été frappés s'arrêtent dans leur mouvement de fuite et
se jettent à genoux.
LA BENOÎTE, qui a relevé dans ses bras le corps du petit Jean et qui se tient seule debout devant Raymond dans une attitude de défi.
Ah! c’est vous, monsieur d’Estelan!... Ah! vous en faites de la jolie besogne, monsieur le capitaine! Ah! gueux et pendards que vous êtes tous!
LE SOUS-OFFICIER FRANÇOIS, aux éragons, désignant la Benoite, Empoignez-la !
LA BENOÎTE, à Raymond.
Je suis une catholique, moi! et une servante de curé encore! Et je vous le dis, oui, que vous êtes des gueux et des pendards!... Mais regardez donc ce que vous en avezfait, de ce petit! Il priait pour vous tout à l’heure, vous savez ! Mais regardez-le donc!
LE SOUS-OFFICIER FRANÇOIS, aux dragons hésitants, L’empoignerez-vous, à la fin, cette vieille folle!
RAYMOND, reculant devant le cadavre plein de sang du petit huguenot que la Benoîte, empoignée par les dragons, lui présente encore.
Oh! non, à d’autres ce métier-là!.… Je ne peux plus, moi! (1 jette à terre son grand feutre à plumes.) Non, je ne peux plus, je ne peux plus!