‹ Judith Renaudin; drame en cinq actes, sept tableauxChapitre 22 sur 77 · LES DEUX PETITS · texte numérisé non relu

LES DEUX PETITS

Ah ! c'est vrai ! (llsvonl gcnUment devant l'aïeule et lui font des révérences.) Bonsoir, bonne grand' grand !

Ils lui saisissent la main pour l'embrasser et le fuseau roule à terre.

L AÏEULE, prenant à tâtons les deux petites têtes et les baisant avec tendresse, Tune après l'autre.

Qu'est-ce qu'ils disent, Judith, ma fille ? On les ferme par ordre du roi, nos écoles protestantes?... C'est bien cela, pas vrai?... c'est bien cela qu'ils racontent?

NANETTE, s' arrêtant de ratisser et levant les yeux au ciel.

Seigneur Jésus !

JUDITH

Hélas, oui, grand'mère!... Mais nous n'étions point sans nous y attendre, n'est-ce pas?... Mon père, qui avait tenu à envoyer les enfants jusqu'à la fin, pensait bien que ce serait aujourd'hui le dernier jour... Ce n'est rien de nouveau, grand'mère ; l'édit royal reçoit son exécution prévue, et

voilà tout... (Regardant tout à coup les mains des petits, qui sont pleines

d'encre.) Oh! quelle honte!... Mais vous en avez jusqu'au coude, de l'encre, aujourd'hui !... Jamais vîus ne vous en étiez mis tant que ça, mes pauvres petits!

LE PETIT HENRI

rame, tante Judith, puisqu'on te dit que c'est le dernier jour !...

Judith et Jeanne échangent un regard et sourient. JUDITH, à Mathieu.

Je vous prie, mon bon Mathieu, accompagnez-les, et qu'ila se lavent, surveillez vous-même.

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