‹ Judith Renaudin; drame en cinq actes, sept tableauxChapitre 27 sur 77 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

France... En vous les donnant, notre maître, il n'y a que cette pensée qui nous chagrine.

TIII BAUD, la téta basse.

Et moi, j'ai une confession à faire, que je veux que notre dame entende aussi, pour ma mortification plus grande, (u

élève la voix pour être entendu de raïeule.) L'ail dernier, je VOUS trompai sur le prix du sel de mer, au marché de La Rochelle; la livre en valait dix liards, et je vous la comptai pour neuf; j'étais à court, par rapport à la grêle de mars qui avait couché mes blés, mais j'espérais me rattraper cette année et vous remettre votre dû sans vous faire de tort. Et la différence

était de deux cents pistoles (il présente une bourse à son maître) qUC

voici, avec les fermages de l'an de grâce oîi nous sommes.

l'aïeule.

Oh! c'est Jean Thibaud qui parle ainsi?... C'est bien la voix de Jean Thibaud, n'est-ce pas?

THIBAUD, humblement.

Oui, notre dame, c'est lui-môme.

l'aïeule.

Oh ! si braves et si honnêtes, je les avais toujours connus de père en fils, depuis quatre-vingts ans passés, tous ces Thibaud ! Quoi ! mon enfant, c'est toi qui as pu faire une chose pareille!...

«^ s. RENAUDIN.

Pardonnez-lui, ma mère, je vous prie, pour la franchise de son aveu. Il n'est point un trompeur bien endurci, allez, cela se voit, et, avec ses nouveaux maîtres, je me porterais bien garant qu'il ne recommencera plus.

pendant cette phrase du père, les trois autres fermiers lui ont remit aussi leur» sacoches pleines d'écu» d'or.

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