ACTE CINQUIÈME
JUDITH, humblement.
C'est vrai, mon père. ^
Elle Ee cache la tête dans let mains.
Oh! ma pauvre enfant! tu as fait ceia!... Vois-tu, sans doute, tu as compté encore sur ce charme qui t'a été donné et que tu connais trop, je le crains, et qui est un danger pour ton âme.
JUDITH, B'humiUant.
Peut-être, mon père... pardonnez-moi.
s. RENAUDIN.
Songe, ma tille, combien la Bible condamne de tels moyens... Et, d'ailleurs, tu as échoué, tu le vois...
JUDITH
Oui, mon père.
s. RENAUDIN, très tendrement, la prenant dans ses bras.
Écoute, ma chère Judith: là-bas, en exil, défie-toi de cela, mon enfant; défie-toi de ce charme, puisque tu sais que tu le possèdes. Défle-toi aussi de ces élans que tu as et qui, parfois, te font accomplir des actions téméraires. Crains tous les pièges qui t'entoureront là-bas. Grave bien dans ton cœur, ma fille, ces dernières recommandations, que, ce soir, ton vieux père t'aura faites... Et, regarde, qui sait si le capitaine ne t'aura pas arraché quelques mots d'indication sur nos projets de fuite, pour s'en servir contre nous... Tiens, je m'étonne tant que, précisément cette nuit, les dragons ne soient pas sortis pour leurs rondes habituelles... En y réfléchissant, je crains quelque guet-apens pour vous tous.
JUDITH
Oh! mon ppre, lui, se servir contre nous de la confiance que je lui aurais témoignée!... D'abord, je ne lui ai rien dit. Et puis, non,- il est franc et loyal...
s. RENAUDIN.
Une aernière chose, mon enfant, qui m'est plus péniblo a te dire que tout. Depuis quelques jours, qu'as-tu ? Qui t'a ainsi changée? Je ne reconnais plus ma courageuse et fière Judith, qui marchait droit sa roule, sans défaillance, les y?ux détachés de ce monde. J'ai peur, vois-tu, jai peur que Cf d'Kste'an... J'ai ppu que ce soit lui qui ait jeté un charme d"oul'er sur ma lille bien-aimée...
Jl'OITII. plu~ ti»B. d'uiiH voix lente e\ mysl^ripuse.
Peut-êlre, mon père...
On silciiRe. Tou8 deux demeurent tête basse, plus accablés