‹ Judith, tragédie en trois actesChapitre 27 sur 49 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

HOLOPHERNE, JUDITH, PHÉDYME, PHARES, MINDUS, ÉRIOCH, NASSAR, Officiers, Gardes.

(Tout le temps de cette loène, Phédyroe, ae tenaDt & Tdcart, observe Judith atec iaqoiëtode.)

PHARES

Nous ayons découvert une odieuse trame :

Vos jours sont menacés, seigneur^ par celte femme.

40 JUDITH

Ella vient dans le camp surprendre nos secrets. Le salut de l'État^ nos droits, vos intérêts. Ne nous permettent pas de garder le silence.

HOLOPHERNE, au comble de la fureur.

Non, jamais on ne vit une telle insolence!... Est-ce à moi que l'on parle? A quoi donc me sert-il D'avoir grandi mon nom de péril en péril, D'avoir détruit vingt rois, commandé vingt armées, D'avoir pris et repris cent villes enflammées, D'avoir, dans tous les champs et dans tous les sillons, Gonune un torrent humain, roulé mes bataillons. D'épouvanter le monde et d'étonner l'histoire. De peser sur mon temps comme un fléau de gloire. D'être Holopheme enfin !... s'il est dit qu'on pourra Se jouer de mon nom ; s'il est dit qu'on viendra. Par le plus lâche coup me provoquant moi^ïnême. Insulter sous mes yeux une femme que j'aime?

JUDITH, à part.^

C'est lui qui me défend!

HOLOPHERNE

Ah !... je crains mon courroux!.

Non, je n'attendais pas tant d'audace de vous. Mais vous oubliez donc qui vous êtes, faux braves? Des vaincus épargnés, de pauvres rois esclaves. Sans royaume, sans droits; des Iraîti^s pardonnes, A ma solde vendus, à ma suite traînés.

Dont j'amuse l'oi^gueil par un semblant de trône, A qui je jette un peu de ma gloire en aumône;

Page 1