SCÈNE XI
JULIA, BERNADILLE
JULIA (s’arrêtant au fond, et riant en voyant danser Bcrnadille).
A la bonne heure!
RERNADILLE (l’apercevant et courant d elle).
Eh! bien? quelles nouvelles?
JULIA
Excellentes !
BERNADILLE (vivement).
Vous avez vu l’Infant? Vous lui avez parlé?
JULIA
Je l’ai vu, je lui ai parlé.
BERNADILLE.
Et cette place?
JULIA
Il me la donne.
BERNADILLE.
Ah ! cher ami ! que de reconnaissance !
JULIA
Mais il y met une condition.
BERNADILLE (inquiet .
Hein ? une condition? Et laquelle?
JULIA
C’est que je l'exercerai moi-même.
BERNADILLE (en colère).
Plaît-il, vous? Comment, vous? Mais alors, je suis joué! Voilà donc ce que signifiaient vos protestations d’amitié, de dévouement? Ah î petit drôle! Ah! coquin!
JULIA
Tout beau! sénor Bernadille, il n’y a ici d’autre coquin que vous.
BERNADILLE (furieux).
Ah! fripon! ah! double traître!
JULfA.
Il n’y a, ici, d'autre traître que vous ; vous qui êtes accusé d’avoir fait disparaître votre femme.
BERNADILLE (sc calmant).
Ciol ! moi ?
J U LIA
L’Infant sait tout ; il m’a tout appris !
BERNADILLE (troublé et tremblant).
Ah! c’est l’Infant... qui... mais... mais...
J U L IA (l’interrompant .
Votre femme était ma cousine. C’est à moi d’éclaircir ce mystère et de venger l’infortunée Julia si vous êtes coupable. Senor Bernadille, préparez-vous à comparaître devant votre juge.
Jamais ! c’est une calomnie 1 Laissez-moi ! (il veut se
sauver).
JULIA (le retenant).
Vous ne m’échapperez pas ! On n’échappe pas à la Justice. L’Infant a donné l’ordre de vous arrêter.
BERNADILLE.
Miséricorde ! (Criant.) Je veux m’en aller ! je veux m’en aller !