L'ANTISEMITISME EN SUISSE ET EN ESPAGNE
En Saisse, sur 3.000.000 d'habitants, il y a environ
10 à 11.000 Juifs, répartis dans une vingtaine de
villes.
Avant 1863, ils n'avaient aucune liberté d'action et
'est l'empereur Napoléon III qui a réussi à les faire
imetlre comme citoyens et à ce qu'on leur accorde
les privilèges des autres habitants.
beaucoup des nouveaux Juifs sont des Juifs alsa-j ciens émigrés.
Ils sont en Suisse, comme partout d'ailleurs, des \te-métiers, mais heureusement ils ne disposent is encore de grandes fortunes.
Ils n'ont pas grande influence sur les autorités parce qu'ils n'occupent aucune place importante.
Les journaux ont peur des Juifs et sont très prudents envers eux, car ces Juifs peu nombreux paient enréclames et en insertions plus que tous les Chrétiens f réunis (1). Ici comme ailleurs c'est la grande réclame qui les fait marcher.
Ils mangent en famille chez eux toute l'année des oignons, de l'ail et des œufs, voyagent toujours en deuxième classe et fréquentent les cafés d'assez bonne renommée.
Il y a eu en Suisse à plusieurs reprises des irritations populaires contre les Juifs usuriers. Les autorijtés, très patientes, ont petit à petit, dans les campagnes, coupé les griffes à ces vautours qui ont presque abandonné le métier « d'exploiter les paysans ». ' Aussi en des grandes villes exploitent-ils d'autant plus les habitants pour faire compensation: à Genève, à Berne, à Bàle, à Zurich, à Saint-Gall où ils sont en plus grand nombre, ils s'en donnent.
En Suisse, le parti antisémitique (qui s'appelle pourtant seulement Fhierschutzverein) lâche de faire défendre aux bouchers juifs d'abattre le bétail à leur manière rituelle.
En Espagne, les Juifs sont peu nombreux et leur ) influence à peu près nulle.
En 1888, un savant espagnol juif, Monsieur Isidoro Lopez Lapuya, avait entrepris dans les Archives israélites une campagne en faveur du retour des Juifs en Espagne (2).
Un comité central avait été formé à Madrid par les
(1) Ils jouent d'ailleurs un rôle trop inférieur pour que les journaux s'en occupent beaucoup.
(2) Ce généreux projet, dit l'Annuaire des archives IsraélileSy an du monde 5648, présenté comme une réparation tardive de l'expulsion brutale de 1492, a réJuil beaucoup d'Israélites qui végètent sur le sol ingrat de la Russie et de la Roumanie.
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soins de Monsieur Isidore-Lopez, pour favoriser le mouvement d'immigration.
Mais un avis a fait connaître que l'Espagne n'offrait des moyens d'existence qu'aux Juifs possédant de/ l'argent ou exerçant un métier.
« Si la Constitution de 1869 a admis la liberté des cultes, dit M. H. Prague, cette liberté n'existe qu'en théorie, et l'ouverture des synagogues sur la voie publique ne serait pas autorisée par Tautorité. Comme on le voit, avec les restrictions de ce genre et les dispositions d'esprit de la population espagnole, qui, dans ses couches inférieures, est encore imbue à regard des Juifs des anciens préjugés, la réinstallation des Israélites en Espagne présente un caractère de précarité très peu encourageant.
» Le projet Lopez-Lapuya dénote une initiative généreuse et louable, mais il faut attendre pour l'accepter que le peuple espagnol s'y associe par une manifestation quelconque. »
Les Espagnols ne s'y associeront pas de sitôt, ils se souviennent du moyen âge et se rappellent que, pour sauver leur pays et leur foi, ils ont eu heureusement r Inquisition qui les a préservés de l'invasion juive.
LES JUIFS
ET