‹ Juifs et antisémites en EuropeChapitre 6 sur 38 · L'ANTISÉMITISME EN FRANCE · texte numérisé non relu

L'ANTISÉMITISME EN FRANCE

C est avec le gouvernement de Louis-Philippe que commence en France le règne eCfectif du Juif.

Toussenel Ta dit: « Il n'y avait plus de royauté en j France et les Juifs la tenaient asservie. »

C'est ce régne éhonté des Juifs pendant ce règne du roi-citoyen qui a fait écrire à Toussenel son chefd'œuvre : Les Juifs rois de lèpoquey étude philosophique et sociale venue de penseurs et de prophètes. Toussenel fut le premier grand antisémite de France. Il suivit la voie que suivirent plusieurs écrivains de talent.

Toussenel vivait pourtant à une époque où l'envahissement était bien minime par rapport à ce qu'il esta l'heure actuelle.

Aujourd'hui l'envahissement juif est colossal.

Dans la liste suivante de Juifs de marque on pourra voir qu'en France les Juifs occupent les meilleures places. (1).

Ce sont :

Au Sénat: MM. Naquet, Millaud, Lisbonne.

A la Chambre ; MM. Crémieux, Camille Dreyfus, Emile Javal, David Raynal, Joseph Reinach.

Sous-Préfets ; (2) Oahen (Privas), Weill (Arcis-sur- Aube), Ed. Mayeur (Puget-Théniers/.

Conseillers généraux : Léon Alexandre (Gironde), Why (Constantine), Schowl (Haute-Saône).

Conseillers de Préfecture : Crémieux (Marseille), Oury (Quimper).

A VlIûtol-de-Ville de Paris: Stanislas Leven, Paul Strauss, Mayer.

A V Instruction publique : MM. Michel Bréal, Eugène Manuel, Félix Hément (3), inspecteurs généraux, Sylvain, chargé de cours à la Faculté des lettres de Paris.

Conseil d'Etat. — Camille Sée, ancien député, conseiller d'État; Valabrégue, maître des requêtes; Camille Lyon, maître des requêtes; Georges Saint- Paul, maître des requêtes; Justin Seligmann, Ernest Meyer, auditeurs de U® classe; Paul Fould, ancien auditeur; Fould, ancien maître des requêtes.

Académie des inscriptions et belles^lettres. — J. Derembourg; Oppert; M. Bréal; H. Weill.

(1) Consulter à ce sujet le livre de M. Léon Kahii sur les Juifs à Parit et les Annuaires des archives israèlitcK d'après lesquels nous avons rédigé celte liste.

(2) Les Préfets juifs sont assez nombreux, iiiai> les Arc/iivcs ont en soin de taire leurs noms.

(3) Ce dernier vient de mourir il y a peu de temps.

Académie des sciences. — Halphen; M. Lévy : Loewy ; Lippmauu.

Académie des beaux-art<. Baron Alph. de

Kulhschild.

Académie des sciences morales et politiques. — Ad. Franck.

Académie de médecine. — Georges Hayem ; Emile Javal; Germain Sée ; Marc Sée ; J. Worms, membre associé libre.

Ecole pratique des hautes études. — D. Javal ; H. Weili ; Michel Bréal ; James Darmesteter ; J. Derembourg ; II. Derembourg ; J. Halévy ; Oppert ; Isidore Lœb, membre correspondant de l'Académie royale d'histoire de Madrid.

Ponts et chaussées,— Bechmann (Georges), inspecteur en chef.

Collègç de France. — Maurice Lévy ; Ad. Franck ; JulesOppert; James Darmesteter; M. Bréal.

Sorbonne. — Gabr. Lippmann, ingénieur en chef, membre de l'Institut; Arsène Darmesteter.

Bureau des Longitudes. — Loewy, membre du conseil.

Constructions navales. — Abraham- Albin Vidal, directeur.

Observatoires, — Loewy, sous-directeur de l'Observatoire de Paris ; Albert Lévy, à l'Observatoire de Montsouris ; le colonel Mannheim et Léon Philippe, ingénieur en chef des ponts et chaussées, membre du conseil de l'Observatoire.

Ecole normale supérieure. — Weill, de l'Institut, professeur de grec.

Ecole polytechnique, — Halphen (G.-II.), chef d'escadron d'artillerie, Examinateur à l'Ecole polytechnique, membre de l'Institut ; Mannheim, colonel d'arlillerie.

Ecole de droit. — Lyon-Oaen, professeur agrégé.

Faculté des lettres. — Ad. Frank, agrégé ; A. Darmesleter.

Faculté des sciences. — Lippmann, professeur de physique.

Faculté de médecine. — Georges "Ha y em; Germain Sée.

Ingénieur en chef des mines. — Léon Lévy.

Inspecteur général des musées des départements. — Roger Marx.

Inspecteur général des é^^^oles de dessin. — Hirsch.

Cour de cassation. — Bedarrides, président de chambre.

Cour d'appel. — A. Bloch, avocat général.

Ministère de la guerre. — A. Fribourg, chef de bataillon du génie à l'Etat-Major général.

Ministre de l'intérieur. — E. Javal, inspecteur général des services administratifs.

Peintres. — Henri-Leopold Lévy, Jules Worms, Brandon, Rosa-Bonhcur, Edouard Lièvre, Alphonse Hirsch, Fribourg (sur éventails), Emile Hirsch (peintre-verrier), Léonce Coblentz (peintre-miniaturiste), Hirsch, (Alex. -Auguste), inspecteur général de l'enseignement du dessin et des musées.

Médecins et chirurgiens. — Strauss et Dreyfus- Brissac, médecin en chef de l'hôpital Tenon ; Georges Hayem, médecin en chef de l'hôpital Saint-Antoine; M. Leven, médecin en chef de l'hôpital Rothschild ; Marc Sée, chirurgien à la maison municipale de santé; Jules Worms, médecin en chef du chemin de 1er du Nord; Anselme Weill, médecin au chemin de fer du Nord ; Ferdinand Dreyfous, médecin de la Compagnie générale des Omnibus ; Gougenheim, médecin de l'hôpital Bichat et du Conservatoire de

Miusique; Fano, chirurgien; Germain Sée ; Emile .lavai, M. Meyer, Siclitl, oculiste ; D. M. Lévi, auriste; Oulmont, médecin du Bureau central, médecin titulaire de la maison de retraite La Rochefoucauld; Jules-Jacob Emmerique, médecin-major de i""' classe; Emile Lévy, médecin-principal de 1" classe; Jacob Weill, médecin-principal de 2* classe.

Magistrature. — Denis Wall, juge au tribunal de la >eine ; Sée, suppléant à Chàlillon-sur- Seine; William Lehmann, jugea Clermont ; Lévy, suppléant à Bazas; Weill, à Tours; Durand, président du tribunal à Épernay ; Bère, substitut à Evreux ; Anselme Léon, conseiller à la cour d'appel de Bordeaux.

Lettres : publicistes. — Edmond Benjamin, directeur le journaux illustrés ; Louis Bloch, secrétaire de la rédaction du Petit Journal; Armand Schiller, secrétaire de la rédaction du journal le Temps; Joseph lîeinach, directeur du journal la République franaise; Camille Dreyfus, député, directeur du journal la Nation; Eugène Mayer, directeur du journal la Lanterne; Arthur Meyer, directeur du journal le Gaulois; Edouard Cahen, directeur du journal les Travaux ijublics; Alfred Neymarck, directeur du journal financier le [{entier; Camille Sée, directeur de la Revue de renseignement secondaire des jeunes filles ; Albert Millaud, Albert Wolff et Adrien Marx; Catulle Menlés; Georges Michel; Armand Ephraïm Blowitz Times)] Paul Strauss; Alexandre Weill; Alfred l'Almbert ; Henri Avenel; Paul Avenel ; Edgard llément [Temps) ; Salomon Reinach ; Henri Michel, agrégé de lettres, publiciste; etc.

Conseil supérieur des statistiques. — E. Millaud, énateur, et D' Javal.

Auteurs dramatiques. — Ad. d'Ennery ; Abraham Dreyfus; Ernest Blum; Hector Crémieux; Georges

de Porto-Riche; Albin ValabrègQe ; Eim^'iic Manuel ; Ed. Philippe.

Théâtres. — Emile Abraham, secrétaire du Gymnase ; Léon Marx, directeur du théâtre Cliniv : Louis Derenbourg, directeur du théâtre des Menus- Pl.ii^irs; Emile Mendel, secrétaire général de l'Amijiuu ; Edmond Benjamin secrétaire général des Menus-Plaisirs ; Mesdames Rosine Bloch, de l'Opéra ; Zélie Iladamard de la Comédie-Française ; et Amélie ïlirsch, de rOpéra ; MM. Worms et Berr, de la Comédie-Française, artistes dramatiques.

Professeurs. —- Arsène Darmesteter; Joseph Halévy ; Lucien Lévy ; Bruhl ; Maurice Salomon; Albert Calien ; Dalsème ; Grumbach; Albert Lévy; Maurice Wahl; Henri Mayer; Cahen ; Charles Salomon ; Bloch ; Weill, Maurice Wahl.

Compositeurs de musique. — Albert Cahen d'Anvers ; Jules Cahen, chef du chant à l'Opéra ; Danhauser; (Ad. Léopold), professeur au Conservatoire, inspecteur principal de l'enseignement du chant ; Samuel David, premier grand prix de Rome ; Jouas; André Wormser ; Paul Wormser ; Jules Erlanuer.

Armée. — Général Brisac; général Lambert; général Adolphe Hinstin ; général Lévy Alvarès ; général Sée; général Aljraliam; colonel Salvador; colonel Lyon : colonel Fix; colonel lliiistiu; WollT il-i'iMl 1 coloiif'l d'artillerie ; Aron, colonel d'artillerie; Lii'})uiaiMi ; Xaquet, lieutenant-colonel d'artillerie ; comniaiidant Xailian ; cninmaudan! C iiiipc!' m ui-

daiit.Cei'r; capilaiiic ilcuinaiiii ; caiiitai;: leur

à l'Ecole mililaire spéciale de Sai!il-C>'r : nu,

intendant iiiilUaire en rcli';:' niant, iLiloiMlanL

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mc^i^cCK it/ ./. /i. *.it iluservice de l'intendance d'Algérie et de Tunisie. — Lemant, intendant militaire.

« Quant aux Juifs, dit M. Léon Kahn, qui se sont fait un nom respecté dans l'industrie et la manufacture, la place nous manque.

Qui ne connaît, dans la librairie, les noms de Calmann Lévy, d'Ollendorfî, de Félix Alcan et de Rothschild; dans l'imprimerie, ceux d'Alcan-Lévy, Kugelmann, Schiller ; parmi les industriels, Henri Herz, Alexandre Deutsch, Georges Lévy, Edouard Lippmann, Sciama, Lazare Weiller et Lévy Finger ; et parmi les manufacturiers, les Hayem, les Trêves, les Haas, les Benda, les Rothschild.

Voilà, grâce à ces listes données par les Juifs euxmêmes, l'envahissementjuif officiel constaté. Mais ce qu'on ne sait pas c'est l'envahissement ténébreux ca- ■hé sous toutes les formes (1).

Partout on se heurte à eux dans la finance où ils causent les plus grandes catastrophes, dans la presse qui leur est asservie, dans le commerce où ils font une concurrence désastreuse, dans l'industrie qu'ils ruinent (2).

{■} La l^uissance isvaélile, c'est un journal financier, Le Moniteur officiel des tirages, qui la oonstale (n" du 2 juin 1891) :

« Et nous en sommes à ce point qu'il faut confesser tout haut iue notre lichesse mobilière dépend désormais du Juif. Notre meilleur papier est dans ses mains; nos chemins de fer sont à lui la plupart de nos Sociétés de crédit lui appartiennent; depuis cinquante ans, les progrès réalisés par le Juif en France sont réellement enrayants. 11 serait temps qu'on voulût bien s'apercevoir qu'ils constituent un danger autrement redoutable pour l'avenir de notre pays que le péril boulangiste ou le péril socialiste, et que quand une société est ainsi attaquée, il est de première nécessité de songer aux moyens de la défendre, si on ne veut pas s'exposer .1 la voir un jour se défendre eile-mème. »

(2: « Déjà, a écrit M Jacques déliiez, notre pauvre pays n'est plus lu'un bazar international où régnent ceux qui n'ont de patrie qu'à la Bourse. Demain peut-être il sera un charnier et un hôpital. Et

Dans les campagnes, ils ont accaparé la terre ellemême (1) :

C'est là une des infamies commises, là une des lâchetés sans nom, que l'ignorance des foules pe sachant pas et ne se rendant pas compte de l'action destructive, lente, ténébreuse mais efficace des Sémites, qui a décidé un écrivain de talent, M. Edouard Drumont, a publier lu France Juive (2).

Ce fut comme un coup de clairon, une violente fanfare, un cri d'alarme (3).

l'on verra, debout sur un monceau de deux cent mille cadavres, les naturalisés pousser les gémissements de : « Notre chère France, notre chère patrie d'adoption, notre chère République. » Car ils seront vivants et bien vivants eux, lorsque nous nous serons fait épjorger pour leur conserver un foyer. Ils auront les poches bourrées de banknotes et de numéraire. Et leur grimace de douleur ne sera que le masque hypocrite du sinistre rictus d'Israël.

» Ecoutez-les déjà aujourd'hui lorsqu'ils parlent français. D'où vient-il leur accent? D'Allemagne. Ils disent que l'antisémitisme français est une impoitation allemande. Et leur personne, d'où est-elle importée'^ De Francfort, de Hambourg, de Cologne. Faudra-t-il sonner le tocsin, un jour, pour qu'on le sache une bonne fois?»

(1) a Avant la Révolution, le peuple était propriétaire d'un quart du sol de France. Aujourd'hui le paysan n'en possède plus un huitième. Ilestvrai que Rothschild en détruit à lui seul 200,000hectares, sans compter les biens des Camondo, Cahon d'Anvers, Bamberger et autres emmaillotés de soie. Comme ces Juifs n habitaient pas Paris et ses environs, avant 89, où auraient-ils [tris ce qu'ils possèdent de notre territoire, sinon à ceux qui le possédaient avant eux? Le peuple d'aujourd'hui n'a jamais très bien connu ces monstruosités, pour deux raisons : !• On a tué ceux des siens qui auraient pu l'avertir ; 2" On a écrit l'histoire pour qu'il ne le sache jamais. Le peuple est fait pour savoir ce que ses éducateurs ordinaires ont mission de lui apprendre. » (Jacques de Biez. Samedi- Heuw, article sur la Fin d'un Monde, d'Edouard DruTi • '

(2) Nous ne parlerons pa* de la vie et de la carn ire de M. Drumont, cela SOI lirait de notre cadre. D'ailleiu> u autres en parleront peut-être mieux que nous ne l'aurions su faire et avec plus de talent. Nous n'avons à considérer ici que le chef actuel de l'antisémitisme en France.

(3) Le journal le Monde a dit que « c'était un livre sincère et tout débordant d'une foi ardente et courageuse. »

Pi

M. Edouard Drumont, la Ligue antist-milique en France.

JUIFS BT ANT18ÉMISTES EN FRANCE 39

. Les deux volumes de la France Juive eurent un succès considérable, furent traduits dans nombre de langues, lus dans les salons comme dans les humbles chaumières.

Cette œuvre ouvrait les yeux à tous et dès son apparition l'antisémitisme en France était fondé.

Peu de temps après l'apparition de ce travail d'historien et de philosophe, un de nos confrères écrivait :

M. Drumont est un écrivain de race.

Pas un de ses livres, pas un de ses articles qui n'en soit la preuve irrécusable.

> Et cependant, il y a trois mois à peine, seul un public d'élite le lisait et l'appréciait.

" Il lui a sufû de quelques jours pour devenir populaire.

» C'est son dernier ouvrage, la France Juive, q*ui a valu à M. Drumont cette célébrité, une célébrité de bon aloi, si jamais il en fut.

» La France Juive est mieux qu'une œuvre d'érudition et de saine littérature. En l'écrivant, l'auteur a fait preuve d'un courage devenu trop rare de nos jours.

» Ce courage est d'autant plus méritoire, que l'écrivain ne pouvait se faire aucune illusion sur les'/ dangers qu*il courait en disant tout haut ce que beaucoup de gens pensaient tout bas.

» A peine la France Juive avait-elle paru, que les intéressés — les tlagellés veux-je dire — ont envoyé ; leurs témoins à M. Drumont. Je parle de ceux qui savent tenir une épée.

'> Peut-êtreauraient-ilsmieuxfaitdeprouver au terrible justicier qu'il les calomniait, en leur attribuant des actes peu honorables.

» Ils en ont jugé autrement.

» Certaines gens s'imaginent que l'on redevient homme d'honneur, après avoir cessé de l'être, si l'on arrive à croiser le fer avec celui qui vous a démasqué.

» M. Arthur Meyer qui, quoique juif, dirige le Gaulois, une feuille monarchiste, et même catholique^ mais d'un catholicisme qui sent le boulevard, a bondi sous le fouet de l'écrivain.

^ » Il a éprouvé le besoin de laver son honneur et celui d'Israël dans le sang de Drumont.

» Un duel a eu lieu.

» On sait comment les choses se sont passées.

» Meyer a détourné de la main gauche l'épée de Drumont et fait à ce dernier une blessure très grave.

)) Les tribunaux se sont emparés de l'alTairc et ont condamné Meyer à 500 francs d'amende. La vie d'un homme vaut mieux que cela, alors surtout que cet homme est un écrivain de la valeur de M. Drumont.

» Le petit juif au crâne d'ivoire a expliqué son incorrection, en disant qu'il n'avait pas eu conscience de ce qu'il faisait.

» Le tribunal s'est contenté de celte excuse.

» M. Drumont poursuit avec une infatigable activité sa campagne anti-sémitique. » (1)

Nous ne nous étendrons pas sur la France Juive, dont toute la presse de l'univers a parlé.

A ce travail devaient succéder : la France Juive devant l'Opinion, où l'auieur raconte comment il a fait la France Juive et ce qui est résulté dès son apparition ; la Fin d'un Monde, peut-être le plus beau de ses livres au point de vue littéraire, philosophique et social, où l'auteur passe en revue l'histoire d'une

(1) Gazette du Dimanche.

société en décomposition; la Dernière Bataille h la. lecture desquels certains maîtres des finances ont dû passer de mauvais moments, et le Testament d'un Antisémite, piquante étude sur le rôle des conservateurs (1), sur les luttes électorales et sur le haut Clergé de l'époque actuelle.

« Ce n'est pas VUnivers, écrivait M. Eugène Veuillot, qui reprochera à M. Drumont de fouailler le parti conservateur, et surtout les mondains, aussi rudement qu'il fouaille le parti révolutionnaire et la juiverie. C'est là, au contraire, à nos yeux, la partie la plus méritoire .de son livre. Il faut savoir tirer sur les siens quand les siens se débandent et servent l'ennemi. Si ce point difficile est parfois abordé à la diable dans ce vigoureux pamphlet de cinq à six cents pages ; si quelques mots, quelques lignes dépassent la mesure et même manquent à la justice, le fond est bon, très bon. Il était nécessaire que cet avertissement emporté et même brutal vînt s'ajouter à tant d'avis d'allures contenues donnés jusqu'ici inutilement. Tant pis si, près de ceux qui oublient le devoir social, la violence n'obtient pas plus que la douceur, et si le pamphlet échoue comme a échoué le sermon. »

Un chroniqueur parisien, lors de l'apparition de la Fin d'un Monde, a donné un portrait assez bien réussi du cheX anti-sémite. Qu'il nous soit permis de le citer :

« L'homme du jour, l'auteur célèbre de la France Juive et de la Fin d'un Monde! Je suis allé le voir

(1) Dans la Fm d'un Monde, M. Drumont avait déjà lancé de bons traits à l'égard des conservateurs et à ce sujet.

hier, dans sa petite maison de la rue de l'Université, — la dernière à droite au fond de l'allée, m'a dit la concierge, — un maisonnette rustique, pas plus haute que ça, et pas plus vaste, à coup sûr, que la maison de Socrate. On traverse un jardin grand comme un mouchoir de poche et l'on pénètre directement dans un vestibule qui dessert tout l'appartement.

« Le cabinet de travail et le salon sont au premier étage. C'est dans cette dernière pièce que la vieille bonne m'a introduit tout d'abord. Salon cossu et bourgeois, exigu naturellement ; meubles de bon goût ; bibelots sur des étagères. Aux murs, des peintures, des photographies, des gravures, très encadrées. En face des fenêtres, le portrait du maître de la maison peint par Dupuis, — ce malheureux Dupuis dont on se rappelle la fin tragique.

» Certes, l'auteur de la France Juive n'a rien qui rappelle Antinous. On l'a comparé beaucoup plus justement à un diable qui sort d'une boite, un grand diable par exemple, avec des jambes qui n'en finissent plus et des bras d'une longueur invraisemblable, lu bon diable, au demeurant, malgré sa barbe noire et broussailleuse de croquemitaine, ses lunettes étincelantes, son front proéminent et sa chevelure de jais. Physionomie originale, que gale une vilaine bouche et une légère déformation de la mâchoire inférieure. Tête caractéristique et singulière qui aurait séduit Callot ou le vieux Goya et que je voudrais voir modelée par notre grand statuaire Rodin.

» L'homme est avant tout séduisant, d'une exquise politesse, parisien de manières et de langage, et que dis-je, parisien? boulevardier. Ce farouche antisémite, ce catholique militant et convaincu, ce « moine laïque » qui, en plein dix-neuvième siècle, prêche une nouvelle croisade — et quelle croisade ! — cet apôtre

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des premiers âges de l'Eglise, cet archaïsme vivant, fabuleux, invraisemblable, parle comme vous et moi, à la bonne franquette, l'argot que l'on parle couramment de la terrasse de Tortoni au café de la Paix.

» J'en suis lâché pour les gens qui aimaient à se liixurer Edouard Drumont coiffé d'une auréole mystique et vivant de racines dans un désert ; ils en seront pour leurs frais d'imaginalion. L'auteur de la Fin d'un Monde est un cénobite d'une espèce particulière et tout à fait moderne, qui fume la cigarette, qui porte des chemises de flanelle et des vestons de molleton ; on lui voit aux pieds des pantoufles en tapisserie, et quand on le rencontre dans la rue, en hiver, il est presque toujours enveloppé dans un bon pardessus, chaudement garni de fourrures.

» Comme les honnêtes gens, il passe l'été à la campagne. Il a acheté une jolie propriété à Soisy-sous- Etiolles, à la lisière de la forêt de Sénart, où il s'installe dès les premiers beaux jours et où il cultive son jardin en philosophe ; il y mène l'existence si doucement monotone d'un curé de chef-lieu de canton ; les paysans qui le rencontrent sur les chemins, en redingote noire et en chapeau haute forme, un gros bouquin sous le bras, le prennent pour un clergyman inoffensif et ne le regardent pas d'un trop mauvais œil.

» Il lui arrive aussi de se promener à cheval, sur un cheval d'une espèce particulière. C'est un bidet pacitique qu'il acheta l'an dernier à un maquignon du voisinage et qui n'a qu'un défaut : il ne veut pas aller à Corbeil. Ni Téperon, ni la cravache n'ont pu venir à bout de son obstination sur ce point. A part cela, il va n'importe où, d'un petit trot ininterrompu et ne refuse jamais ses services à son maître. C'est égal ! Je voudrais bien savoir ce que les gens de Corbeil ont pu faire à cet animal-là.

» A Paris, Edouard Drumont n'a pas une existence beaucoup plus agitée. Il rend visite à ses amis, mais il va rarement dans le monde. Je l'ai vu une seule fois, dans un grand salon littéraire; il gênait et il était gêné. C'est un ami terriblement compromettant. Je me rappelle que le maître delà maison, passant ses invités en revue, tremblait d'y découvrir quelque Juif. Il n'en vint pas ce soir-là et je le regrettai pour ma part. Nous aurions assisté peut-être à un superbe carnage, quelque chose comme le repas des fauves chez Bidel.

» Je ne connais aucune passion à l'auteur de la France juive, sauf la passion de la vérité. lia une manie: c'est l'escrime. Il en fait plusieurs heures par jour; il tire également le pistolet, et il est devenud'une certaine force à cet exercice.

» On sait avec quelle crânerie il va sur le terrain! La Fin diun Monde pourrait bien lui attirer quelque mauvaise affaire. II a prévu ce cas et il ne se dérobera pas, soyez-en persuadés. On parlait déjà hier soir d'un envoi de témoins, de la part d'un député radical; d'autres personnalités politiques se seraient émues et se prépareraient à en faire autant.

» J'ai parlé de cette éventualité à Edouard Drumont. Il m'a répondu : « J'y suis résigné et ce n'est pas la perspective d'une rencontre — même avec un homme qui mouche une chandelle à quarante pas —qui aurait pu m'empêcher d'écrire mon livre. J'ai fait mon devoir ! je me moque du reste. Et puis vous savez, il y a longtemps que j'ai fait le sacrifice de ma vie, s'il est nécessaire. Au fond, je suis très fort — et très redoutable, — parce que je n'ai pas^ peur de mourir. Vous voyez, c'est bien simple I » (1).

(1) Gil nias. — Article signé Louis Tailbout.

A côté de Dramont, il convient de placer son vaillant lieutenant et collaborateur, M. Jacques de Biez, qui dès l'apparition de la France juive prit fait et cause pour la question antisémitique.

« Les descendants de Japhet n'avaient eu jusqu'ici ni protecteurs ni avocats, dit un écrivain du Figaro (1), quand des hommes se sont levés pour la défense de leur héritage. Ce furent, dans l'ordre chronologique de leurs vocations: M. Edouard Drumont, M. Jacques de Biez et M. le marquis de Mores (2).

» Le moins connu du grand public, celui qui a été et qui demeure l'âme du parti, — c'est Jacques- Amadis de Biez, fondateur et encore aujourd'hui délégué général de la Ligue antisémitique.

o Trente-cinq ans, une encolure de lutteur, des yeux clairs, couleur des mers de Normandie, un peu

(1) Figaro, 7 novembre. L'auteur de cet articlç, qui signe in Badaud, est un de nos plus brillants chroniqueurs, M. Hugues Leroux, rédacteur au Temps.

(2) Antoine Manca de Vallombrosa, marquis de Mores, est fils de M. le duc de Vallombrosa et de Mademoiselle Des Cars. Il passa par Saint-Cyr, ^■aumur, fut sous-lieutenant au l" cuirassiers et donna ï-a démission en 1881. Il est encore actuellement officier de réserve au 22» dragons.

Ayant épousé en 1882 mademoiselle Médora de HofTmann, fille d'un banquier américain, il se rendit aux Etats-Unis où il s'occupa en grand de Télevage du bétail. Il dut abandonnerson entreprise par suite de la concurrence des bouchers israélites.

M. de Mores revint en France en 1887, puis repartit pour un long voNage aux Indes et au Thibet avec le duc d'Orléans. Puis nous le voyons étudiant auTonkin le tracé d'un chemin de fer de la mer à Tien-Yen et suivant toute la frontière de Chine jusqu'à Lang-Son et à Bin-Hi, porte de Chine.

Ce projet ayant été abandonné faute de l'appui nécessaire du gouvernement français, M. de Mores est revenu en France en mai 188», et depuis son retour il s'est occupé de politique sociale et anlisémiiique. C'est un cœur d'or, adoré de tous ses amis.

inquiélaiils par laflamme fauve qu'oQ y voit sautiller comme un feu follet, les cheveux drus et droits sur la tête, la barbe et les moustachesàla Guise, Jacques de Biez ressemble à son aïeul, le connétable, qui fut décapité, puis réhabilité solennellement.

» C'est de naissance qu'il a dans les veines le goût de bataille et de controverse, un sang qui demande à couler dans une guerre de religion.

«J'aurais pu le connaître d'enfance. Nos grandspères étaient amis; nous avions poussé en pays normand, tout près l'un de l'autre. Sur le pavé de Paris, nous nous retrouvâmes, lui un peu aîné, sa place déjà conquise, moi, tourmenté par la vocation et tout à fait inconnu.

» Je n'oublierai jamais comment de Biez m'ouvrit les portes de la chronique. Une aventure presque tragique venait de faire place nette dans un grand journal parisien. De Biez me conduisit chez son directeur. Il voulait demander pour soi-même la critique d'art, ayant toujours été fasciné par ces souvenirs du passé et du Ciel qui dorment dans les 'musées. Il comptait obtenir pour moi une besogne régulière.

» Quand nous redescendîmes l'escalier, je tenais mon engagement de chroniques, mais, pour luimôme, de Biez n'avait rien demandé. Je lui dis mou étonnement. lime déclara :

» ~ Mon ami, si vous étiez plus Parisien, vous sauriez que celui qui demande deux faveurs n'en obtient jamais qu'une. Si j'avais parlé pour moi et pour vous, on aurait pris ma recommandation pour une habileté de diplomate et vous seriez revenu bredouille. Je suis seul^ vowi avez charge d'âmes. Je ne pouvais pas hésiter.

» De ce jour, de Biez a possédé une bonne part de mon cœur, et si j'ai tenu à vous donner cet exemple de son désintéressement chevaleresque^ c'est qu'il a été la règle de sa vie. Ceux-là mêmes que de Biez a combattus et qui ont des motifs très naturels de le détester rendent hommage à la noblesse de son caractère.

» Un jour que vous monterez à Montmartre pour aller danser au Moulin de la Galette ou prier au Sacré-Cœur, suivez la rue Lepic. Adroite, au premier coude, s'élève une grande maison blanche ; trois fenêtres ouvrent sur le rez-de-chaussée, Entrez sous la voûte, vos yeux tomberont sur une porte avec cet écriteau : « Ligue nationale antisémitique de France. »

» Le ligueur est derrière, assis à son bureau.

» Ce serait une erreur de croire que la maison sent la sacristie ou l'antichambre de journal ouvrier. De fait, ni le petit peuple, ni le clergé n'ont de rapports bien étroits avec la Ligue. Ses adhérents et ses bienfaiteurs ont été recrutés jusqu'ici dans la bourgeoisie commerçante qui ne pardonne pas, à ses rivaux juifs, certains procédés de concurrence ; dans la tribu des fonctionnairesjaphétiques,quisecroienttrop fréquemment sacrifiés à d^s candidats sémites; enfin dans le a monde », dans le plus « grand monde », celui des vicomtes etdes marquises authentiques, qui refusent d'ouvrir les portes de leurs salons au veau d'or couronné. Il y a eu un temps où les équipages faisaient queue devant la porte. On venait voir le petit musée antisémite^ les affiches de Willette, les proclamations du parti, les portraits de la vraie Jeanne d'Arc, les livres de sorcellerie où la cabale juive est démasquée.

» Et Jacques de Biez prêchait les néophytes. Tous ces raffinés — surtout les femmes — prenaient plaisir à subir le fouet de cette éloquence de moine gentil-

homme, à la foisbrutale et ornée, qui ne mâchait pas les vérités rudes.

» Aux bureaucrates, de Biez disait :

» — Mes amis, à Theure qu'il est, pour réussir, il faut avoir le « nez de passe », le nez en crochet qui commence par ramasser nos cuillers deruolz dansles tas d'ordures et qui finit par pécher la rente dans le tas des budgets. Toutes les fois que vous viendrez solliciter votre dû, vous trouverez à la porte du maître l'homme qui a le « nez de passe ». Il entrera avant vous, il vous frustrera de votre récompense, car celui quiladétient a le a nez de passe » comme votre ennemi. Prenez-moi donc unebonne fois ces nez-là dans la porte et écrasez-les!

» Aux ecclésiastiques qui fréquentaient sa maison, de Biez demandait à l'oreille :

» Etes-vous bien sûr que Jésus-Christ fût Juif? Drument s'en accommode j mais moi, cela me gêne... (1)

» Cela le gênait tant qu'il s'est jeté carrément dans l'hérésie. A l'heure qu'il est, il prépare un schisme si séduisant que je me sens tout disposé à le suivre.

» Le Christ ne serait pas Juif, et de Biez est en train d'écrire un gros livre pour la démonstration de cette vérité historique. C'est par Joseph que le Christ aurait tenu à David. Or, de l'aveu même de l'orthodoxie, la paternité de Joseph est illusoire. Par sa mère, le Christ était Galiléen, c'est-à-dire un étranger qu'Israël tenait à l'écart.

» D'où venaient-ils donc ces Galiléens, qui ne savaient guère d'autre métier que les filets et la pêche, qui avaient les cheveux blonds et les yeux clairs? Ne

(1) Voir ù ce sujet \i pn^fac»; que Jacques de Biez a écrite pour le livre des Sœurs des Hôpitaux, par M. François Bournand (secrétaire général du Comité de réintégration des Sœurs) et dans laquelle il développe curieusement celle thèse.

EN FRANCE -iJ

descendaient-ils pas de ces anciens Galls qui traversèrent le monde antique, qui vinrent lapider Delphes et dont on perd la trace au seuil de l'Asie-Mineure, au détroit de Gallipoli?

» Quand de Biez parle de ces choses mystérieuses, son œil s'éclaire d'une lueur vraiment prophétique ; sa foi n'a pas de doute.

( — Un y avait, dit-il, que deux Juifs dans l'entourage de Jésus : Pierre qui Va renié, Judas qui l'a trahi. »

Jacques de Biez, ajouterons-nous, est un des rares descendants de cette forte race aristocratique normande. Croyant sincère, à l'âme droite et fière, il a horreur des compromis et des vilenies quientrainent la France à la ruine. Il a le flair pour découvrir les Juifs. Il les déteste d'instinct. Du reste, ils le lui rendent bien. Plus d'une fois, causant avec des Juifs, j'amenais la conversation sur ce sujet. Je voyais sur leurs visages passer un éclair de haine au nom de de Biez et invariablement je les entendais dire : (( Ah ! celui-là, il est bien à craindre 1 II faut se méfier de lui et s'attendre à tout de sa part. Pourvu que ce ne soit jamais lui qui dirige un mouvement contre nous... » Et les poings se serraient convulsivement.

Jacques de Biez est pourtant très bon, mais quand il vient à penser aux Juifs, il est intraitable (1).

A l'apparition de la France juive, de Biez avait pris à cœur, avec une ardeur toute juvénile, la cause de Drumont. Il avait fait à la salle des conférences, rue des Capucines, une conférence sur la France juive. Cela lui valut le commencement de la haine ju-

(1) Il est vrai qu'en Roummie, à plusieurs reprises, ils ont tenté le l'assassiner.

daïque (1). Il perdit sa situalioii dans la presse. C'est alors qu'il publia son beau livre La Question juive, autour duquel les Juifs firent faire le silence afin d'en empêcher le succès (2).

Quand la France juive se lut répandue en Europe, de Biez partit pour la Roumanie où devait avoir lieu un congrès antisémitique et où il allait être accueilli là-bas à cœur ouvert (3).

(1) Pariant des membres du Comité de la Ligue, M. Paul Belon a écrit dans le Parti National:

« Je ne connais pas M. Millot, mais je puis vous parler de M. Jacques de Bioz, qui est un jeune écrivain de talent. Jacques de Biez marche hardiment sur les traces de son ami Drumont ; on lui doit déjà plusieurs ouvrantes de propagande antiséraitique. Il a tait aussi de nombreuses conférences tant en France qu'à l'étran- ;:;er, principalement en Autriche et jusque dans les Balkans. Il prépare, m'a-t-on dit, le récit de ses aventures en Orient, qui paraîtra avec ce titre explicatif: Sur le chemin des croisades.

» Comme second d'Edouard Drumont, il u signé le manifeste auquel, je pense, il a collaboré. Certaine phrase sonore et vraiment bien venue sur Enguerrand de Marigny et Semblançay, ainsi qu'une allusion à d'Artagnan, pourraient être de lui. Jacques (le Biez ressemble un peu à ce d'Artagnan, dont il rappelle l'allure frondeuse et dont il a la raillerie gouailleuse. C'est un d'Artagnan blond, à moustache hérissée; au demeurant le plus charmant garçon du monde. »

(2) A tôté de ces atitisémites il convient de placer un jeune allie, l'abbé Henri Desportes, l'auteur d'un livre remarqmble, Le Mystère du Sang chez les Juifs (avec préface d'Edouard Diumont), qui eut le don d'exciter la grande colère des Juifs qui eurent recours jusqu'à Rome. —Cet allié a aussi é^ritsous la formt^ d'un roman un curieux travail : Le Juif franc-maçon, et prépare un important ouvrage iuv les relations des Juifs et des Catholiques, ouvrage qui paraîtra sous peu sous le titre de Juifs et Catholiques, et (|ui fera certainement sensation.

(3) Lfrjour où je raconterai l'accueil enthousiaste qui me fut fait sur les rives du Danube, où j'étais arrivé par le clu'min qui menait aux croisades, lorsque j'allais porter au milieu des Roumains qui m'avaient appelé des nouvelles de la France juive, on verra comment CCS vaillantes populations, qui sont de notre sang, travaillent à se préserver contre l'étranger. On les verra effrayées du sourd complot d'Israfil contre le vieux monde héroïque dont nous sommes, et jalouses de leur sol jusqu'à en interdire l'acquisition à

11 vit comment s'organisaient là d- -^ résistances contre les Juifs, les ligues, les comités, et c'est de son voyage que data la pensée de fonder en France une ligue antisémitique.

Mais ce ne fui qu'en septembre 1889 que MM. Drumont et de Biez mirent ce projet à exécution et fondèrent ensemble la Ligue nationale antisémitique de France, dont nous donnons ici les statuts en guise de curiosité.

lÀgue nationale anti-sémitique de France.

« Les faits récents, en confirmant les avertissements de quelques Français courageux, ont démontré sans réplique que la Prospérité et le Travail de la France laborieuse et pacifique sont à la merci de la Finance inlernationale ; que le salut de la Patrie, grâce aux détestables influences de la Bourse sur l'esprit public, dépend désormais des convenances, des tripotages ou des mensonges d'une coalition d'hommes de proie, étrangers ou sans patrie, comme les Juifs, qui sont les étrangers du monde entier.

De tels événements présagent, dans un temps prochain, l'elTondrement total de la fortune française. Ils doivent être considérés comme un péril social, un attentat constant au Droit, à la vie, à la liberté du travail et une menace pour le Droit au territoire, le plus sacré des Droits chez les peuples qui ont une Patrie.

• L'heure est venue de faire appel à tous les Fran- ' aisqui portent en eux l'âme de la vraie B'rance, de

l'étranger. C'est qu'on ne sait pas ce qui va se passer. Désormais on aime mieux être en famille. On veut vivre entre soi. » (Jacques

do i;i- /...

les grouper, au nom de l'esprit de corps et des traditions nationales, autour de l'Idée française, en vue de protéger les intérêts moraux et matériels de la France contre les insolents triomphes du Parasitisme judaïque international.

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