‹ Jules BœckelChapitre 8 sur 9 · LITTÉRATURE · texte numérisé non relu

LITTÉRATURE

Laboratoire L. HINGLAIS, Épernay (Marne)

“ohon : LABORATOIRES CORTIAL, 10, Rue Béranger, PARIS SR RE EEE

LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 30 Avril 1927 557

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devant des organes dont l’image lui paraîtrait tout aussi imprévue que les petits détaits du squelette de la main ou du pied le paraissaient il y a 20 ans.

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Il semble que nous nous étendons trop longtemps sur un sujet qui n’a pas besoin d'être démontré. En fait, il nous semble bien qu'il n'y ait qu'en France que cette controverse puisse être soulevée; partout le radiodiagnostic appartient aux seuls médecins.

IL y a eu. autrefois, dans notre pays, des discussions à ce sujet; mais les polémiques s’étaient éteintes et les rares non-médecins qui menaient le combat ont pris vis-à-vis du corps médical des hôpitaux le rôle qui leur convenait, celui d'excellents exécutants de clichés radiographiques, sans plus s'occuper de faire du diagnostic, c'est à-dire de la médecine.

Aussi, si nous revenons aujourd'hui sur cette question qui est devenue sans intérêt là ou elle a pris naissance, c'est-à-dire dans les hôpitaux de Paris, c'est que nombre de nos confrères nous ont signalé qu’elle renaissait sous une autre forme.

Dans certaines agglomérations importantes, dans certaines compagnies d'assurance, il existe des laboratoires de radiographie tenus par des infirmiers et qui font largement les radiographies d'abord des accidentés du travail, puis même des malades de l'usine, ou du personnel. Bien plus, en certains endroits, désireux sans doute de trouver une diminution aux frais généraux du laboratoire, on ouvre la porte à la clientèle de la ville, on envoie même des prospectus invitant cette clientèle à venir.

Que cela soit préjudiciable aux médecins radiologistes, nous n'en disconvenons pas, mais le corps médical donne assez de preuves de dévouement pour qu'on nous croie quand nous affirmons que si nous protestons, c’est dans l'intérêt du public.

On ne peut, en effet, échapper au dilemme suivant :

Ou bien l'infirmier non instruit donnera des diagnostics qui seront acceptés par les médecins et les malades, et l’on voit les désastres qui peuvent en résulter: telle vieille sclérose pulmonaire, depuis longtemps sans importance, sera prise pour une tuberculose, tel kyste osseux sera confondu avoe nn abcès froid ; telle exostose syphilitique deviendra uu cal de fracture, etc., ou bien, conscient de son infériorité, il restera dans des appréciations vagues (car vraiment on ne peut lui demander à lui, chef de service, de ne rien dire du tout); mais alors le mal ne sera guère moindre; car le médecin qui se trouvera, lui, dans l'obligation de faire l'interprétation, ignorera tout de la manière dont le cliché a été pris, des causes photographiques ou autres qui peuvent en un cas pirticulier donner uneimage anormale, etc., bref on aboutira à une séparation plns ou meins nette entre le radiodiagnostic et la clinique.

Or your nous, médecins radiologistes, le rañiodiagnostic n'est qu'une partie de l'examen clinique. Nous avons le devoir de proclamer que le malade ou le blessé n’anront un bon diagnostic que si la radiographie est interprétée par un médecin qui l'a faite.

Pour remédier au danger que présente pour les malades ou blessés le développement nouveau des laboratoires de radiologie tenus par des non-médecins, nous pensons que d abord une mesure administrative simpose. Demandons au ministre de la Justice de rappeler aux tribunaux que toutes les radiographies qui leur sont soumises doivent être signées d'un médecin et accompagnées d’un commentaire signé d’un médecin. |

Cutte mesure est évidemmentinsuffisante, car elle n'aurait d'importance que pour les accidents du travail et n'empêcherait pas les autres malades ou blessés de devenir les clients de laboratoires non médicaux. C’est pour cela que vous nous avez demandé de vous présenter un rapport sur un projet de loi pour régler la question.

Ce projet de loi pourrait avoir comme considérant cette simple proposition : «considérant qu'un diagnostic basé sur la radiologie ne peut être exact et complet que si l'examen a été fait et interprété par un docteur en médecine », et ne contenir qu'un article unique : la pratique du radiodiagnostic est considérée comme faisant partie de l'exercice de la médecine.

Comme nous l'avons dit plus haut, partout la radiologie tout entière n’est pratiquée que par les

médecins. Même, il existe en Autriche une loi pour interdire cette spécialité aux non-médecins. De plus, tout récemment, en Suisse, la république de Genève (11 Décembre 1926) a promulgué une loi sur l’exercice des professions médicales et des professions auxiliaires qui a été acceptée par le peuple en un referendum le 20 Février et est, par conséquent, devenue définitive,

De cette loi, nous vous citerons seulement les articles intéressant notre sujet.

Art. 2. — Les professions auxiliaires sont celles de sage-femme, d'assistant pharmacien, de masseur, de pédicure-manucure, d'infirmier et de praticien en Physiothérapie.

Art, 16. — Nul ne peut, sans autorisation du Conseil d'Etat, créer ou exploiter un hôpital ou hospice particulier, une clinique, maison de santé ou d’accouchement, un institut de physiothérapie, de psychothérapie ou de radiologie médicale.

Un règlement du Conseil d'Etat déterminera les conditions auxquelles seront soumis les établissements ci-dessus.

Art. 18. — Toute installation pour la radiologie médicale, pour l'application médicale des rayons ultra-violets, de la haute fréquence et, en général, de tous courants électriques ou radiations quelconques; dans un but thérapeutique ou de diagnostic, doit être sous la direction effective d'un médecin ou respectivement d'un médecin dentiste régulièrement inscrit.

Les articles de la loi suisse nous donneraient toute satisfaction; mais ils font partie d’une refonte complète dans ce pays des lois sur l'exercice de la médecine; nous ne pensons pas que pareille refonte soit en vue en France. Il nous paraît fort à craindre que

‘ dans notre pays, une proposition de loi concernant

la seule radiologie ait peu de chances d'être prise en considération.

Récemment, en effet, dans le Journal officiel {12 Janvier 1927), un ministre, à un parlementaire qui lui demandait si des radiographies pouvaient être faites par un non-médecin, répondait que c'était aux tribunaux d'apprécier,ce qni dans chaque cas particulier pouvait constituer le délit d'exercice illégal. Il nous paraît probable qu'actuellement les parlementaires estimeront que, ja loi sur l'exercice de la médecine existant, il n'y a pas lieu de faire des lois nouvelles, mais de s'adresser aux tribunaux pour l’application de cette loi aux différents faits qui se présentent.

Il nous paraît donc nécessaire d'abord d'éclairer les parlementaires, de s'efforcer d'en trouver qui veuillent bien prendre en main la question, et, quand ce résultat sera obtenu mais alors seulement, il y ratiaura lieu de discuter le texte législatif qui pour être soumis aux Chambres.

Malgré les tristesses et les amertumes de la vieillesse, c’est parfois un bonheur que de ne pas moürir trop jeune! Si Bœckel était parti quelques années plus tôt, il n’eût pas connu les grands jours qui ont transfiguré les dernières années de sa vie.

Pendant un demi-siècle, il a attendu l'heure de la délivrance, avec une patience, avec une énergie, avec un courage qui ne se sont jamais démentis, et quand elle est enfin venue, il a eu la joie sans pareille de voir autour de lui, dans Strasbourg reconquise, ses collègues, les chirurgiens de France, unis dans un fervent hommage de respect et d'admiration pour sa fermeté d'âme et son haut caractère.

La guerre de 1870 l'avait trouvé faisant son devoir de soldat. Mais la lutte qu'il soutint alors pendant ces quelques mois ne fut rien auprès de celle qu'il entreprit ensuite, quand il résolut de rester dans sa patrie perdue, comme l'indomptable personnification de la chirurgie française.

Car c'est là ce qui fit sa véritable grandeur. Avec son oncle Ernest Bæckel, qui fut lui aussi un chirurgien de haute valeur, qui lui aussi fut un jour président de notre Congrès, il livra le bon combat. Et puis, il y a déjà bier longtemps,

il resta seul sur la brèche, à la tête du bataillon sacré qui vécut dans le culte de la chirurgie française et qui sut en maintenir l'esprit et la tradition.

Il venait souvent au milieu de nous. Il était de tous nos Congrès , et il n’est pas un d’entre nous qui n'éprouvât du respect et de l'affection pour cet homme dont la face amaigrie était en même temps si bienveillante et si mélancolique, et qui, dans un corps frêle, renfermait une âme héroïque.

Au premier souffle de l'orage, il reprit l’uniforme qu'il avait conservé pendant cinquante années pour l'heure de la réparation. Il vint modestement prendre sa place au chevet des blessés, dans un rang qui n'était digne ni de son âge, ni de sun talent. Poursuivi, condamné par les autorités allemandes qui tenaient encore la terre d’Alsacesans en posséder l'âme, il connut l'ivresse de la rentrée triomphale dans la ville régénérée, et comme il le disait à Tuffier en se jetant dans ses bras, il connut la fierté de montrer « son vieux pantalon rouge » à quelques-uns de ceux qui, pendant tant d'années, avaient insulté sa douleur.

Peut-être a-t-il, comme. nous tous, songé avec quelque amertume à cet avenir incertain qui ne sera sans doute pas celui qu'avait droit d'espérer la France aux jours de la victoire. Mais il est mort au bord du Rhin redevenu français. Jamais, sans doute, quand il était encore dans la force de l’âge, il n’a demandé au destin de plus haute faveur.

Et nous, chirurgiens français, à cette heure suprême, saluons avec respect ce chirurgien d'Alsace, qui a, pendant cinquante années d’épreuves, entretenu sur l'autel de notre art le feu sacré qui ne doit pas s'éteindre et que nos pensées reconnaissantes accompagnent la mémoire de cet homme qui mit au-dessus de tout l'amour persévérant de la patrie perdue dans le désastre et retrouvée dans la victoire.

Jean-Louis Faure.

Curiosités médicales

Situs inversus de l'intestin terminal.

Cette curieuse anomalie du gros intestin, dont nous n'avons pu trouver aucun exemple dans la littérature, mérite d'être connue, non pour sa seule rareté, mais par la démonstration qu’elle apporte une fois de plus au clinicien de la possibilité pour lui de trouver tel ou tel viscère dans les positions les plus imprévues.

Il s'agit en l'espèce d'une absence de fixation partielle du mesentorium commune avec torsion normale de l’anse; mais cette anomalie, parfaitement connue, est accompagnée d’un renversement et d’un accolement à droite de l'intestin terminal coïncidant avec une absence du rein gauche.

L'intestin grêle est normal ainsi que son mésentère. Mais la racine de ce dernier cesse de s’accoler à la: paroi à 4 cm. de l'angle iléo-cæcal. Le cæcum, les côlons ascendant et transverse sont libres avec un méso commun très haut dont l'insertion pariétale se confond avec celle du mésentère. Le cæcum très développé se projette sur la ligne médiane et déborde l'aire du détroit supérieur. L’angle soushépatique est très obtus et le côlon transverse très oblique en haut et à gauche,

A partir de l'angle splénique, le côlon descendant, sessile, se dirige presque transversalement en bas et à droite, sous la racine du mésentère à laquelle il est accolé. Il souscroise ensuite l'angle iléo-cæcal et, arrivé sur le flanc droit du promontoire, devient ascendant. Il décrit alors, dans la fosse lombaire droite, une anse très allongée, à branches parallèles, et adhérente à la paroi sur tout son trajet, sauf au niveau du sommet qui est mobile sous le lobe droit du foie au contact duquel il arrive et sur la face antérieure du rein dont il est séparé par une petite fossette.

LA PRESSE MÉDICALE, N° 35 — 560 — Samedi, 30 Avril 1927

MAYET - GUILOT

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